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24/11/2011

Lettre à un ami

 

Lettre à un ami…

 

 

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Tu es parti mon Grand, quelque part vers un ailleurs, un monde mystérieux sans espace temps.
Sur le pas de la porte, telles des feuilles mortes, tu as laissé tomber tes os fracassés, ton corps blessé, tes effroyables douleurs, pour t’envoler le regard éclairé, le cœur léger, comblé d’un amour intemporel. Et,  tu t’es retourné, immensément grand, le visage serein, le sourire radieux…apaisé.

Tu reviendras certainement,  parfois la boutade au coin des lèvres, plaisanter certains ou, tendrement, réconforter les tiens.

Ou que tu sois, ou que tu ailles, tu resteras présent. Tes mots ne cesseront d’exister, tes rires de nous réchauffer, ta voix de bercer nos pensées, ton courage de nous réveiller, ta franchise de gentiment nous bousculer et, ta grande Âme de nous éclairer.

Vogue Mon Grand, je ne t’oublierai jamais l’Ami …

 

19:09 Publié dans Tristesse | Tags : pascal foucher | Lien permanent | Commentaires (9)

16/07/2011

Une fois n'est pas coutume

 

Je suis mal ce soir. Je me sens perdue, à la dérive, je tombe dans ce précipice tant connu. Précipice ami-ennemi. Je m’y sens bien parfois, mais je ne veux pas, je me retiens aux parois…Je glisse. Non, je ne tomberais pas !

Je prends conscience que je ne peux pas vivre ici. C’est trop dur, trop douloureux. Un passé qui me revient dans la tronche, comme un boomerang malsain qui cherche à atteindre sa cible, à la toucher dans le mille, à la blesser, la tuer.

Marcher, simplement marcher, parmi des milliers de gens où je me sens seule au monde, abandonnée, laissée par celle que j’aimais plus que tout au monde, plus que ma propre vie. Je ne peux pas. Je ne peux plus. Je suis devenue une névrosée phobique de certaines situations, de certains lieux.

Je dissimule, je marche, j’avance, je ris. J’ai pourtant si mal. Mais qui peut comprendre ? Imaginez un énorme chagrin d’amour. Vous savez le chagrin énorme, le manque de l’autre, si fort, si insoutenable, à vous taper la tête contre les murs. Vous le multipliez par 10 et vous le faite durer dans le temps…Des semaines, des mois, des années, des décennies…Des vies ??

Demain arrivera, avec un nouvel élan, un nouvel effort pour voir le meilleur dans tout ce qui m’entoure, et je vais repartir doucement, comme tant d’autres mamans et papas qui ont perdu leur petit être cher.

 

 

20:37 Publié dans Tristesse | Lien permanent | Commentaires (15)

10/10/2010

Mes dimanches soirs

Le dimanche soir, c’était plein de choses et rien à la fois.
C’était un bon bain, de la musique, un massage.
Fiona adorait.
Le dimanche soir, c’était le mot dans son cahier pour raconter le week-end.
Un musée, une ballade en forêt, du lèche vitrine à Parly II, des jeux de sociétés, une soirée en famille ou entre amis, un séjour à la campagne, Fiona avait toujours plein de choses à raconter.
Le dimanche soir, nous parlions avec le clavier, comme d’autres soirs.
Le dimanche soir c’était l’organisation de la semaine. Un rituel.

J’aimais mais je me disais aussi que je vivais dans une prison dorée…J’étouffais parfois, je voulais autre chose, davantage de temps pour moi. J’ai la franchise de le dire aujourd’hui. La tristesse aussi de me dire j’ai pu penser ça.

Aujourd’hui, ces dimanches soirs me manquent. Un dimanche soir sans enfant, n’a plus le même sens. C’est comme un noël entre adultes…Il manque l’essentiel.

Et Fiona me manque. Chaque jour j’avance, je gravis cette montagne, seule. Je suis seule sans ma fille. Seule, face à mes peurs et mes angoisses. Face à ce manque que son départ a installé en moi. Rien n’y fait.

Les mois passant, je suis devenue lucide. Lucide de ce chagrin, de la vie, du temps qui ne guérira rien. Je suis devenue lucide sur le monde qui m’entoure. Lucide de mes aspirations, de ce qu’il reste, de ce que je dois entreprendre. Lucide du chemin que je dois emprunter, où je dois aller. Lucide de ce qui ne m’intéresse plus.

Je suis lucide. C’est énorme. Triste et lucide. Joyeuse et lucide. Quoi qu’il se passe autour de moi ou dans ma vie, je garde cette lucidité qui fait de moi un être peut être plus en recul mais tellement plus attentif. Attentif, oui. Je m’ouvre comme jamais. Sachez le, quoique vous pensez.

Je suis née un jour sans savoir ce que serait ma vie. Comme chacun. Je me revois à quatre an dessiner le petit prince sur des carreaux de céramique, dans une école mixte valides-invalides, entourée de ces enfants extraordinaires. Je me revois, sous le choc, dans un centre pour adultes handicapés mentaux, venant voir ma cousine, éducatrice à l’Arche. Je me revois ensuite, en maison de repos, à 14 ans, suite à une intervention des pieds, me prendre d’amitié pour un jeune trisomique. Je me revois, à 28 ans, dans cette région des Yvelines, près de l’hôpital de Garches, enceinte jusqu’aux dents, me  disant que toutes ces personnes en fauteuil roulant dans le coin allaient me foutre la poisse. Je me revois juste après, avec mon bébé différent dans les bras. Pas de bol ! Quelle richesse. J’en veux encore !!!

Mon bébé, devenu belle ado au doux caractère bien trempé, me manque. Et mes dimanches soirs ne sont plus les mêmes. Ils ne seront plus jamais les mêmes

Et vous, vos dimanches soirs ? Comment les aimez vous ?

22:13 Publié dans Tristesse | Tags : différent, lucide | Lien permanent | Commentaires (9)