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15/05/2008

Un slam de Nadia pour Fiona

473311734.JPGNadia est une ancienne voisine rencontrée il y a une dizaine d’années. Elle gardait Fiona le soir en attendant que nous rentrions du travail. Nous sommes devenues amies. Nous avons passé des soirées et des soirées jusqu’à pas d’heure à parler religion, peur de la mort, et choses de la vie. Tu te rappelles Nadia ?
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Et les coups de gueule avec Serge quand nous n’étions pas d’accord lui et moi…Je crois que ça finissait par être un jeu ! Toi et Pierre vous attendiez que ça se passe…

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Nous avons vu grandir Marine (A ma petite sœur) et Julie, tes adorables filles. Devenues de belles jeunes femmes.
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Vous avez toujours été présents à chaque événement. Les heureux comme les moins heureux. Anniversaires de Fiona, crémaillères, jours de l’an, hospitalisations et j’en passe.

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Le 9 février lorsque vous êtes venus à la maison, cela faisait un moment que nous ne nous étions pas vus.
Fiona a tapé ces quelques mots sur son clavier
« Joie pour moi de vous revoir même si je ne peux plus vivre comme avant. Je fatigue. »

Je te remercie pour ce poème que tu vas lire sur scène dans ce café/restau parisien qui pratique le slam.
Bonne lecture à tous.

Un slam, un cri, une flamme

De ton trône ton regard flâne
Ton esprit plane
Ton corps bien que las a une trame
Morcelé de douleurs, il pointille, contourne
Contient et dessine ton âme
Sa quintessence fait de lui, de toi une Essence

Que tu sois partie doit avoir un sens
L’essentiel, l’essence, l’élévation, la verticalité
L’austérité du Néant, du Silence

Et Fiona où es-tu ?
Tu as claqué la porte à la vie et tu es partie
Tu as foutu un tel bazar et tu ne fais plus partie
De ce bas monde que nous meublons
Où, comme des dératés, nous errons
Ne sachons plus en quoi croire
A quoi s’accrocher
Et pour une musulmane, il faut le voir
Accro à toi, tu as été une accroche
Tu as été dans ce wagon ou parents, amis
Se bousculent pour être proches
Pour lire sur le bout de tes lèvres la justesse
Ses mots, leur finesse, leur sagesse
Tu as été une flamme parmi les âmes
Tu es mon slam qui apaise ma flamme
Tu nous as donné un rendez-vous et une bouffée d’air
Toi Fiona tu as été un repère
Toi Fiona et la vie étiez une vraie paire
Sans toi, tu nous as rappelé que la vie est éphémère
Sans toi, il reste un arrière goût amer
Mais que ton regard, ton rire, ton sourire
Reste cet océan de mystère
Ce pouvoir démesuré et Austère
Que même en traversant ton désert de galère
Tu nous as scié et on est fier
Nous sommes et étions minuscules et ridicules devant tes silences
Tu nous as souvent rappelé la petitesse de nos doutes, l’étroitesse de nos peurs
Et la Grandeur des mystères de l’Existence

Oui, Que tu sois partie doit avoir un sens
L’essentiel, l’essence, l’élévation, la verticalité
L’austérité du Néant, du Silence

La viduité insoutenable
La fragilité de l’atemporel
L’inexistence de l’immortel
Et même des portes du ciel
Tu nous susurres encore que la vie
Tant que, nous autres, on y est demeure inlassablement crucial
Et toi Fiona, Va, Part, Vole de tous tes ailes
On te libère de ce carcan existentiel
De notre langage monotone mais pur et fidèle
Va, sillonne, déambule dans ton paradis
Tel que tu le dessines
Mais n’oublies pas
Et fais nous un signe
Des fois que l’oubli nous encombre, nous prend
Et que nous plongeons dans les futilités du temps.

NADIA

10:35 Publié dans Poésie | Tags : nadia, slam | Lien permanent | Commentaires (10)