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09/04/2009

Indissociables

Trois indissociables.
Fiona, Pierre et Maman.
Maman, Fiona et Pierre.
Pierre, Maman et Fiona.
Trois indissociables, puis trois en deux.
On croit que c’est simple, on croit y arriver, pourtant...
Quand je regarde Pierre, je cherche encore Fiona.

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Je sais, difficile de comprendre tout ça.
Pierre a et a toujours eu sa propre existence en dehors de Fiona.
Nous avions tous les trois nos propres existences.
Nous n’existions pas simplement au travers de l’autre.
Pourtant…
Qui connaît bien la grande dépendance, peut comprendre.
La fusion qu’elle engendre.
Et le vide qu’elle procure lorsqu’elle n’est plus là.
Et qui s’imagine ajouté à cela, le pire, c'est-à-dire perdre son enfant, peut comprendre également.

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Tout dans ma vie me rappelle Fiona et le trio indissociable que nous formions.
Ma mémoire semble ne renfermer que ces instants.
« Pour la vie », je lui disais le soir en l’embrassant.
« Pour l’éternité », lui ai-je dit ensuite.

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Le temps passe, je vis, je respire, je ris.
Mais le poids de la souffrance est là, sans cesse…

28/01/2009

Cécile et Vincent

Hier nous sommes allées, ma mère et moi, rendre visite à Cécile et Vincent, mon ami d’enfance.

Nous avons d’abord rencontré Cécile dans sa chambre. Elle n’a pas changé depuis ces quelques années que ne l’avions pas revue. Malgré ses chaussettes avec sa jupe plissée qui ne lui ressemblent guère et ses cheveux longs, raides et blancs, elle n’a pas changé. Elle a toujours cette élégance qui la caractérise si bien.
Elle était surprise de nous voir et s’est demandée qui nous étions. Il semble qu’elle se soit rappelée de ma mère. Quant à moi, je ne crois pas.
Nous avons longuement parlé de vieux souvenirs. Sans cesse, elle répétait que son cerveau rétrécissait. Elle nous a donné des exemples précis : elle reconnait la porte de sa chambre mais au delà de cette porte, elle ne sait plus très bien ce qu’il y a. Il lui semble quand même que c’est un couloir mais où mène ce couloir ? Non, elle ne sait pas car elle oublie systématiquement.
Elle sait que son fils n’est pas loin. Mais elle ne sait plus trop bien où et si elle le voit. Elle croit bien le voir de temps en temps mais elle n’en est pas certaine.
Son cerveau rétrécit. Elle nous mimait le carré dans lequel est emprisonné son cerveau, carré qui se resserre au fil du temps.
« Peut être est ce mieux de ne pas se rappeler… » nous disait-elle.
Puis « je ne suis pas à plaindre, il y a bien pire que moi. »
Et « mon cerveau rétrécit, je n’arrive pas à me rappeler. »
Elle ne se rappelait plus qu’elle avait deux sœurs. Mais en réfléchissant, elle s’est souvenue des prénoms. Oui, ça lui ferait plaisir de les voir mais elle ne veut pas les obliger…

Drôle de maladie.
On a beau voir des films qui dépeignent à la perfection le sentiment d’impuissance face à quelqu’un dont la mémoire s’évapore (« Loin d’elle », « N’oublie jamais » et « Se souvenir des belles choses » à voir et revoir !) ou des émissions traitant ce sujet avec beaucoup de clarté, on se sent malgré tout totalement désemparé lorsqu’on se retrouve face à une personne que l’on connaît depuis plus de 45 ans, et dans les yeux de laquelle on lit la souffrance de ne pas se rappeler des mêmes souvenirs…
Il y a un sentiment d’isolement dont Cécile nous a très bien parlé.

Ensuite, nous sommes allés avec Cécile dans la chambre de Vincent.
Avec ma mère, nous ne nous attendions pas à ce choc.
La maladie de Huntington est une maladie sournoise et cruelle qui vous tue à tous petits feux. Jamais, jamais je ne pourrais oublier cette image.
Je lui ai pris la main et je lui ai parlé. Il comprend. Son esprit, même s’il n’est peut être pas intact est encore bien présent. Je suis restée un petit moment seule avec lui. J’ai essayé de tester une communication avec le clignement des paupières…mais bien sûr, ce n’est pas en une seule visite que l’on peut établir une telle relation de confiance. Il était trop envahit par l’émotion de nous revoir. Il s’énervait et essayait de parler.

Mais je sais que si ma présence lui fait du bien et qu’il le souhaite, nous y arriverons.

12:46 Publié dans Mes amis | Tags : émotion, mémoire | Lien permanent | Commentaires (4)