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13/05/2008

Il faut que ça sorte !!

Je regardais ce soir les infos et je vois, une petite chinoise transportée dans les bras de je ne sais qui. Son corps semblait mou. Je ne sais pas pourquoi et ne cherchez pas à comprendre…J’ai vu Fiona à travers cette enfant. Je sais, c’est très égoïste, j’en suis consciente. Je ramène tout à Fiona, mais en ce moment, j’ai du mal à rentrer dans le vif de l’actualité et à m’intéresser à autre chose que ma fille partie il n’y a même pas 3 mois. Désolée…
A travers cette enfant, j’ai vu Fiona le lundi après midi où le gars de la Ste Doussin l’a ramenée à la maison. Il a garé sa voiture devant la maison. Il est entré et nous a dit « il faut que je vous dise que je suis très touché par le décès de votre fille. J’ai moi même perdu mon fils unique âgé de 18 ans il y a un an. Il s’est fait écraser par un camion. »
Il nous a demandé de nous éloigner de l’entrée de la maison afin de le laisser seul pour monter Fiona, dans son sac hermétique, jusqu’à sa chambre. Nous l’entendions respirer, souffler fort. Il était plein d’émotion. Nous l’avons entendu monter les escaliers et souffler, souffler. Il était mal. Nous le sentions sans le voir.
Il a installé Fiona dans son lit et nous a appelés.
Nous avons ensuite attendu le gars qui devait « préparer » le corps et faire les soins.
Il est arrivé. C’était prévu que nous habillerons nous même Fiona.
Il a fait ce qu’il avait à faire et nous a appelés. Pendant que nous habillions Fiona, il est resté sur la mezzanine, près de la chambre, au cas où. Nous n’avons pas eu besoin de lui.
Tout ceci n’était pas habituel pour eux. Transférer un corps au domicile, laisser faire les parents pour l’habillage…
Fiona tu étais belle, blanche, les traits reposés, le teint transparent. Tu étais belle. Tu dormais. Nous t'avons mis Ben dans les bras. Ben qui t’a accompagnée partout depuis des années. Ce même Ben qui nous suit partout à présent. Et la poupée de Danny au pied de ton lit.
Tu es restée ainsi, paisible, jusqu’au vendredi. Tes amies sont venues, la famille, nos charmants voisins. Et le soir, quand nous étions seuls, nous nous couchions à tes côtés et te parlions. Ces derniers instants avec toi sont inoubliables. Jamais je n’oublierai. Jamais je n’oublierai ces quelques jours, comme jamais je n’oublierai les deux larmes qui coulaient sur ta joue à Garches alors que tu étais déjà partie. Jamais je n’oublierai toutes ces années mon amour.

Il fallait que ça sorte.