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03/10/2008

La visite

Ce matin le réveil sonne, je me lève et descends les escaliers, l’odeur du chocolat et de la brioche chaude remplie la maison.

Tu es là assise à la table, tu me souris, me dis « bonjour »… Je pose le pied sur la dernière marche et un tapis de pétale de roses blanches s’étale sous mes pieds, la pièce est lumineuse et la chaleur y est douce…
Je m’assoie face à toi, mes émotions se mélangent, mon sourire se dessine sous mes larmes de joie, je te dis d’une voix tremblante à quel point tu m’as manqué ces sept derniers mois, à quel point nos soirées filles et nos conversations me manquent… Je te regarde… tu es devenue une si rayonnante jeune fille, ton handicap a disparu, tu as l’air tellement épanouie !

Je suis heureuse de te voir Fiona, nous discutons de choses et d’autres, tu me racontes ta vie de lumière et toute la beauté du ciel… Tu me dis l’amour qui apaise mes craintes.

Tu es si belle et la douceur de ta voix me rassure, je te pose un milliard de questions, tu m’expliques que j’aurais les réponses en temps et en heure, que l’amour est en chacun de nous et la vie est un combat et une épreuve de tous les jours pour accéder à cette douceur de vie éternelle…

Nous déjeunons ensemble je n’avais jamais mangé de brioche aussi bonne…
Puis tu me dis qu’il est temps que tu partes, je te réponds : « Non pas maintenant attends encore un peu, j’ai l’impression d’être passée à côté de tellement de choses, laisse moi te serrer dans mes bras, donne-moi le courage de sourire à ton départ… Non ne part pas !!! »

Ce matin le réveil sonne… C’était une nuit étrange, celle que j’ai passé avec un Ange…


Ta cop’s Michèle

02/05/2008

A ma petite soeur

Je t’ai connue quand tu avais cinq ans et moi huit. Peut-être un peu plus. Peu importe. Petite fille fragile. Je découvre le Handicap pour la première fois ; je découvre le combat.
Fragile mais battante avec un seul mot d’ordre : survivre. Même si tu ne l’as pas dit, je sais que tu l’as pensé, je sais que tu l’as vécu.
C’est ton caractère, si fort et si doux, si révolutionnaire et si serein, c’est ton caractère qui a fait que tu as tenu si longtemps, qui a fait que l’on t’a aimée si longtemps, qui fera que je ne t’oublierai pas et ce pour longtemps.

Quand j’ai pris conscience de ton combat, j’ai pris conscience de ta santé, de ta beauté, de la maturité. J’ai pris conscience de TOI, toute entière.
Et là, une amitié forte s’est installée. J’étais tellement fière de t’avoir pour amie ! De passer des moments agréables avec toi. Fière d’avoir fait mes premières soirées pyjama avec toi !
Tu as traversé sous mes yeux des épreuves difficiles où je pleurais déjà, comme endeuillée, croyant que le moment du « au revoir » était arrivé. Mais c’était bien mal te connaître ! Tu t’es battue ! Je suis devenue admirative. Admirative et minable car à coté de toi, je suis lâche et faible ! Je n’aurais eu le courage de me battre autant !
Quand je parlais de toi, j’avais le sourire, je disais que tu étais le Courage et la Joie. J’ai toujours été et je serai toujours très fière de toi !

Et puis un jour, j’apprends que tu veux que je devienne ta marraine ! tu ne pouvais me faire plus grand honneur ! Même si cela n’a pas pu se faire comme il le fallait, tu es quand même devenue ma filleule, ma petite sœur, celle que j’ai toujours voulue avoir !

Petite fleur, je ne t’ai pas dit « je t’aime » comme on le dit dans les films, tu sais, sous la pluie, ou avec un bouquet de roses, en te le chuchotant ou en le criant sur tous les toits ! Je n’ai pas été là autant de fois qu’il l’aurait fallu, que je l’aurais voulu et je le regrette.

Je n‘étais pas là à ton enterrement (mon école ne voulait pas) et je le regrette. Je sais que regretter ne sert à rien, ne te ramènera pas.
J’ai quand même un soulagement : tu ne souffres plus. Plus de chirurgie, d’amaigrissement, de pâleur, de douleur. Tu n’as plus besoin de te battre.

J’ai consacré la porte de ma chambre à ta mémoire, comme j’ai consacré une partie de ma mémoire à la tienne, une partie de mon cœur.
Petite sœur, je ne réalise toujours pas en réalité, et c’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas osé revenir là où tu as vécu, là où tes parents vivent. Peur de réaliser ? De me rendre compte que tu n’es pas là pour m’accueillir, comme avant, quand on entendait ton cri prouvant que tu es contente de nous voir. Oui je crois que j’ai peur.
Je garde cette dernière image de toi, allongée sur ton lit, belle comme à ton habitude, avec ton ours en peluche. Je croyais être préparée à l’image de la mort, du fait de ma future profession. J’avais tout faux. Ta main froide, ton teint pâle, j’ai toutes les sensations encore. Mais j’ai surtout celles où tu me serrais la main, chaude, moite. De ton sourire, de ton rire, si frais et si boostant.

Petite sœur, je n’ai pas encore tout dit mais mon texte est déjà trop long.
J’ai juste une dernière chose à dire : JE T’AIME

Marine

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27/04/2008

L'Amitié par Michèle

Ce texte de Michèle avait été posté le 25, avant hier soir. Je le remet en ligne aujourd'hui afin qu'il retrouve sa première place sur la page car il a toute son importance mes yeux. Et ça permet d'oublier mon vilain coup de blues d'hier soir...



L’AMITIE


L’amitié c’est comme une boîte de chocolats, c’est une grande surprise avec des délices à l’intérieur… Tu étais ma boîte de chocolats, remplie de surprises et si délicieuse d’amour pour les autres.

L’amitié n’a ni âge, ni frontière…
Il m’arrive encore de verser des larmes car ton absence se fait parfois insupportable, alors je me rends à l’évidence, pourtant j’aimerai ramener le passé au présent et pouvoir encore te serrer dans mes bras et entendre ton rire.

Tu es partie avec un morceau de moi, un bout de mon cœur sans doute. J’ai perdu ma meilleure amie, ma petite sœur…
Je regarde tous les jours ta photo accrochée au mur, je te dis « je t’aime ».
Est-ce que tu m’entends, est ce que tu me vois ?
Te souviens-tu des moments partagés, de notre complicité et de tout l’amour qui planait autour de nous.
Tu as guéri mes peines avec tes mots justes, tu as partagé mes joies aussi.

La vie est étrange parfois, je t’ai vu arriver il y a 10 ans pour ta première journée au centre, où j’y étais bénévole, je me souviens tu pleurais comme une madeleine (j’étais émue par ta petite frimousse). Puis nos routes se sont séparées pour mieux se retrouver… Quelle rencontre extraordinaire nous avons eu toutes les deux !
Un jour tu m’as écrit : « tu es ma voix et pour cela merci » aujourd’hui je te réponds « merci à toi de m’avoir fait partager tes mots et jeux de mots » j’ai grandi à travers eux, à travers toi qui ne parle qu’une langue, aucun mots déçus, j’ai appris la vie, la gentillesse, la sincérité, la générosité… Tu étais tout cela, tu étais grâce et douceur, tu étais un ange sur terre, et se fut la plus belle des rencontres, car qui a la chance d’être l’ami d’un ange ?

Ton absence se fait lourde, bien sûr comme tu me l’as dit « j’imagine tout ce miel qui coule pour oublier mes peines » mais, j’ai ce mal qui reste des souvenirs terrestres, ton image me hante, je parle de toi et ça me déchire, alors je ferme les yeux et me souviens puis, j’ai peur d’oublier, je veux que rien ne s’efface, alors quand le ciel s’en va le soir même si j’ai peur tu es mon cœur et tu es là, tu me guides, mais sur un mur de « pourquoi » je m’abandonne à l’évidence…
Le temps va trop vite et je n’ai pas eu le temps, nous avions encore tant de choses à partager encore et toujours, j’aimerai encore revoir ton regard malicieux, pouvoir échanger nos
blagues et nos secrets…
Combien de temps encore ce manque se fera t’il sentir ? Combien de temps encore mes larmes couleront de ton départ si prématuré, tu me manques tellement.

L’amitié n’a ni âge ni frontière et entre ciel et terre je sais que tout ce qui nous lie est bien là, je le sens, je le sais, je peux presque le palper.
Je n’ai plus de craintes pour toi, car je sais que ta nouvelle vie est belle et légère.
Un jour tu m’as dis : « Pour toi je ferais pôle Nord » (quelle jolie preuve d’amitié). Pour toi il y aura un bateau au doux nom de Fiona qui naviguera dans les eaux chaudes et claires de la Méditerranée, les gens du monde entier qui monteront dessus pourront lire ton histoire, je ferai connaître l’Amie que tu es, l’Ange qui nous guide et aussi ton combat contre la loi du silence…

Pour toi Fiona, ma cop’s, ma sœur, mon ange, de tes ailes blanches tu es partie et j’espère qu’un jour je trouverai une plume pour me rappeler que tu es là juste à côté de moi, jamais trop loin l’une de l’autre, j’entends tes silences, et sens ton odeur, tu es l’infini, tu es ici et là, tu es immortelle FIONA.

Ta cop’s éternellement


Michèle