Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/11/2011

Chagrin

 

Le 9 septembre j’écrivais une note intitulée « le bonheur » sur un texte envoyé par un ami (qui n’est autre que Pascal) et dont j’avais pris soin de modifier la fin :)

Reparlons du bonheur. Le bonheur dont on a réellement, je dirais même profondément conscience qu’à un moment donné de notre vie. D’ailleurs le bonheur n’est autre qu’un sentiment intense de joie qui nous envahit des pieds à la tête et nous donne la sensation d’avoir notre cœur énorme, débordant de joie. « Joie dans mon cœur », « joie pour moi de » disait Fiona.

 

Pat et Fiona.jpg

 

 

Après un traumatisme, un bouleversement, un drame, on croit ne plus jamais pouvoir un jour ressentir cette si douce sensation. Et puis, un matin, on ressent ce petit quelque chose qui laisse penser que l’on refait surface et que même si l’on revient de loin, de très loin même, on a goût à nouveau à la vie tout simplement.

Et puis les mois passent, la douleur toujours saignante et à vif, mais le mental et le corps sont prêts à s’adonner à nouveau à une vie « normale » et paisible.  Et les années passent, la douleur toujours saignante et à vif…même si la « joie » est présente.

Et un beau matin, on se réveille, en se demandant quand va cesser cette souffrance, ce manque insupportable,  cette amputation qui fait atrocement mal. Car le CHAGRIN est toujours là.

Ce CHAGRIN impudique au bout de 3 ans ½, ce chagrin déplacé, ce chagrin qui ne devrait plus. Ce chagrin dont on a honte, que l’on cache, qui nous parait anormal. Ce chagrin dont certains se sont lassés avant même de l’avoir réellement entendu.

Alors aujourd’hui, j’ai envie de dire à qui veut l’entendre, à ceux qui ne se sont pas désinscrits de ce blog (qui est le blog de Fiona à l’origine qu’elle a créé le 1er novembre 2007, quelques mois avant son départ, pour les nouveaux inscrits qui l’ignorent), que j’ai du CHAGRIN.


Mon CHAGRIN est inconsolable, persistant, odorant, vicieux. Il reste scotché à moi, je le vire, je l’esquive, je l’assomme mais il revient encore plus virulent que la fois précédente, prêt à tout je me dis certains jours… Alors, j’essaye de l’apprivoiser, de l’aimer, de le faire mien gentiment, doucement, avec légèreté.  J’essaye de le rendre moins agressif, moins cruel, plus distant… mais il s’accroche le salaud !

J’ai mis au monde un jour de juillet 1991 un ange plein de vie, un sourire au milieu d’un beau visage qui m’a appris tant de choses. J’ai été ses jambes, ses bras, ses mains, ses mots. Je l’ai soigné, je l’ai porté, je l’ai changé, je l’ai aimé, je l’ai dorloté pendant presque 17 ans, cet ange. Nous avons communiqué, échangé, nous avons rit, pleuré, dansé, chanté, crié, hurlé, vécu à fond. Nous nous sommes aimés. Nous avons fusionné à trois non stop durant toutes ces années. Avec Pierre, son beau papa, son père, son épaule.

Et un jour, un horrible matin, la vie décide sans prévenir et me retire mon enfant, mon unique enfant. Plus rien.

J’ai survécu. Je suis là dans un monde qui me parait si distant parfois, mais je suis là. Je suis là, mieux qu’avant et moins qu’avant. Oui je suis là. Mais putain ce CHAGRIN fait mal et jamais ne cesse…

« Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer. » Merci Pascal de m’avoir rappelé ce texte…

 

 

31/08/2009

La bombe à retardement

Il y a des jours sans et des jours avec.
Les jours sans sont de plus en plus nombreux, de plus en plus rapprochés.

La bombe à retardement.

Il y a 1 an ½ , c'était « Tout va bien, je viens de perdre ma fille, mais je vous assure que ça va.... »
Et vous étiez nombreux à ne pas comprendre comment je pouvais tenir le coup...
Aujourd'hui c'est « plus rien ne va, j'ai perdu ma fille il y a 18 mois, mais je ne vais plus du tout ».
Et vous êtes nombreux à vous dire que tout est rentré dans l'ordre .
Ben non, rien n'est rentré dans l'ordre.
Je souffre comme jamais, désolée de vous le dire.

Je pleure pour un oui et pour un non. Je ne sais même plus pourquoi je pleure. C'est lassant et fatigant...pour moi et pour les autres.
 
Je pense à mes amies. Cop's Michèle et Marie. Toujours présentes.
Hélène.
Je pense à ma famille que je sens loin, trop loin.

Il me reste 4 jours avant le déménagement.
Cop's Michèle va venir « faire » la chambre de Fiona avec moi.
Et ceux qui veulent...

Bonne nuit à tous.

27/08/2009

Trop dur !

Je ne savais pas à quel point ce serait si difficile. J'ai envie de m'agenouiller dans un coin et de ne plus bouger...Fermer les yeux, ne plus jamais bouger, rester là.
Plus rien n'a de goût aujourd'hui.

Dans un tiroir, j'ai trouvé quelques écrits de Pierre qui date d'il y a un an.

"Je n'ai pas oublié, non cela serait trop facile et contre nature. Il manque notre petite Fiona, notre fille. Celle qui nous a toujours accompagnés, suivis. A mon tour je suis désespéré. Rien de plus naturel alors de prendre la main de Patricia et de la serrer très fort. Un moment à nous. Un moment partagé par le même amour, la même histoire, la même fin. Je sais que sa douleur est plus forte, c'était sa fille, son sang, sa fille unique. Unique au sens propre comme au sens figuré. Fiona. Jamais je n'avais rencontré une personne si différente...Non seulement sa beauté mais son regard qui nous attire comme un aimant. Elle était devenue ma fille et j'avais bien de la chance. Chaque regard en disait long et ses yeux de petite femme qu'elle était devenue semblaient vous guider dans la vie."

66.JPG

"Je refuse de reconnaitre qu'elle est partie. Je ne la connaissais pas les trois premières années de sa vie, mais il n'était pas trop tard ensuite pour rencontrer mon ange. Assommé par cette phrase, j'essaye de me calmer mais il n'y a pas grand chose à faire. C'est donc ça l'absence de quelqu'un qu'on aime. Je sais reconnaitre les moments clés de mon existence. Et ma rencontre avec Fiona en fut un. Mais il y a aussi la vie. Quelques fois la vie a du goût. J'essaye de partager ces moments avec Patricia mais sur la pointe des pieds de peur de la choquer ou de m'éloigner de ma petite étoile."

144.JPG

"Nouvelle journée, nouvel effroi et encore cette absence qui tambourine sans cesse dans mon coeur. Cette musique est désuète mais les jours se succèdent et son souvenir nous happe sans prêter garde comme un boulet de canon tiré à feu rouge. Tout est inconsistant. Comme pris de nausées, je suis frappé d'un mal inexplicable. Celui de l'amour d'un père qui attend, qui attend encore de la retrouver un jour."

122.jpg

Pierre, merci pour ta présence durant toutes ces années auprès de Fiona et moi. Merci d'avoir été le papa que tu as été, merci pour cet amour que tu as su si bien partagé avec elle, ces moments de tendresse, ces moments de franches rigolades et tous les soins que tu lui as apportée au même titre que moi, sans aucune crainte de ta part.
Tu as été un homme exceptionnel à la hauteur de toutes les situations même les plus dramatiques et douloureuses que nous avons vécus avec Fiona.
Je sais que d'où elle est, elle ne cessera jamais de veiller sur toi et de t'aimer de son amour si pur.