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08/08/2009

Chez toi

 



podcast

Voilà venu le temps des cartons...
Par où vais je commencer ?

Je pensais démarrer par la chambre de Fiona.
Je veux être seule, seule pour me noyer une dernière fois dans mes souvenirs, entendre l'écho de ses rires quand je rangerai ses jeux de société, la sentir quand je respirerai l'odeur de ses vêtements, l'imaginer tentant de tourner des pages quand je toucherai ses livres, la voir clairement dans ma tête quand je déposerai au fond du carton ses petites affaires personnelles de fille.
Ces cartons qui resteront fermés à vie, dans un coin, quelque part, je ne sais où, et sur lesquels je vais inscrire « FIONA » avec ma plus belle écriture.
Ces 5 lettres qui s'effaceront au fil du temps pour devenir illisibles dans quelques décennies...
Ces cartons qui cacheront toute une belle tranche de vie, trop courte, faite de bonheur, de grand bonheur et de souffrances.
Et dont personne n'aura que faire dans des dizaines d'années.

J'ai mal. Elle me manque. 

Non, rien ne presse, je vais commencer par ranger des choses plus futiles dont je me moque carrément, vaisselle, objets de déco, livres, linge de maison.

Ta chambre, Fiona, je la ferai plus tard, un jour prochain.

06/05/2009

La vie est là

Cette nuit l’angoisse de ton absence définitive s’est installée peu à peu en moi.

Légère sensation désagréable qui débute au plexus, avec des petites étincelles qui montent jusqu’à la gorge.

Puis, elle s’éparpille, s’étale pour s’emparer de chacun de mes organes, jusqu’à mon esprit et mon repos intérieur.

Elle dégouline dans mon corps, se l’approprie en y laissant sa marque.

La lourdeur de la souffrance qu’elle disperse jusque dans les moindres recoins.

Ce poids qui entrave tout bien-être, toute perception du bonheur.

Toujours là, plus ou moins pesant, toujours là à me rappeler l’effroyable.

Je suis impuissante face à une telle adversaire, j’attends, je me sens tellement vulnérable.

J’attends. Je te parle, viens moi en aide.

Et je pense à ces beaux jours qui arrivent et qui n’auront plus jamais le goût d’avant.

Je vois ton visage d’adolescente que je ne connaîtrais jamais autrement.

Je vois ton sourire, si tendre, si vrai, dénué de tout intérêt.

Je sens ta petite main se poser sur ma peau.

Ce ne sont que des perceptions, des images irréelles…

Plus rien n’est réel.

De mes jours, à mes mois, à mes années, de la vie qui est mienne  au monde qui m’entoure.

Plus rien n’est réel.

Le film se poursuit malgré l’image principale restée figée à jamais.

Les sons grésillent et se transforment au gré de ma mémoire.

Et elle est là, en moi, cette angoisse qui me réveille. Qui me rappelle l’horreur inattendue.

Tu n’as fait qu’une courte apparition. Juste un aller retour le cœur plein d’un trésor inouï.

Trésor que tu as distribué autour de toi, sans compter, jusqu’à oublier tes propres souffrances.

Nous rassurer, nous apprendre, nous aimer.

L’angoisse poursuit sa route interminable, elle m’enveloppe, me serre, m’étouffe.

J’ai peur, si peur de vivre sans toi. Petit bout de femme. Mon petit bout de femme.

Je ne suis qu’une masse de frayeur posée sur le lit.

Un esprit malade dans un corps habité.

Viens moi en aide.

Envoie moi ce sourire plein de vie.

Pose ta main sur mon épaule, réveille moi.

Réveille moi.

La vie est là, je le sais.

 

 

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23/03/2009

J'ai perdu mon ami d'enfance

Pierre et moi sommes rentrés de Fontarèches il y a 1h30 environ
J'ai écouté tous mes messages et je suis tombée sur un vieux message qui date du 2 mars.
La juge des tutelles qui me prévient que Vincent est décédé et que ses obsèques auront lieu le lendemain à Crosnes.
Je n'ai pas écouté mes messages téléphoniques depuis plusieurs semaines. Pourquoi ?
Quelle conne je fais parfois !

Cette satanée maladie de Huntington l'a emporté. Et toutes ces belles années vécues ensemble dans l'inscouciance de notre enfance et de notre adolescence me reviennent en pleine tête, comme une claque ce soir !
Je revois son visage la dernière fois que je suis allée le voir. C'était le 1er février.
Je lui avais promis de revenir. Je n'ai même pas tenu ma promesse.

Je vous laisse avec cette photo de nous deux. Vous la connaissez déjà, je sais, mais c'est une belle photo qui représente beaucoup pour moi.

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21:56 Publié dans Tristesse | Tags : huntington, vincent | Lien permanent | Commentaires (10)