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Tristesse - Page 4

  • Reviens

    Fiona me manque. C’en est trop de son absence, de cette douleur toujours présente, alors que chacun vit sa vie et ses occupations comme si tout tournait à nouveau normalement.
    J’ai mal de ce manque qui me ronge sans cesse, qui me fait tourner dans mon lit, qui me réveille à 3h, à 4h, à pas d’heure.
    Ma fille est partie, je la crie, je la hurle. Je veux qu’elle revienne. C’est trop dur sans elle.

    Les fêtes qui approchent m’angoissent. Comment fêter Noël sans elle ? Comment fêter le jour de l’an sans elle ? Je la revois danser l’an dernier, elle nous avait tant épatés avec ses mouvements de pieds. L’effort qu’elle faisait pour tenir sur ses jambes, elle était tellement fière et heureuse !
    Je la revois taper sur son clavier sa liste de cadeaux. Elle tapait sur son clavier des noms de jeux dont nous n’avions jamais entendu parler. Nous faisions nos recherches sur internet ensuite. Il s’agissait toujours de jeux culturels. Et elle choisissait le cadeau qu’elle souhaitait faire aux autres. Elle aimait tellement offrir.
    La décoration du sapin, les boutiques, les papiers cadeaux, les petites cartes confectionnées à notre manière…Non, les fêtes n’auront plus jamais cette étincelle de joie sans elle. Et il n’y a pas plus grande solitude que ces moments où tout le monde à l’esprit en fête…

    Reviens…

  • Guillaume Depardieu

    Juste un petit mot pour Guillaume Depardieu qui est un homme que j'apprécie.
    J'ai été très choquée d'apprendre son décès. C'est un homme plein de sensibilité et de bonté je crois, un homme au passé douloureux. Non pas qu'il faille avoir un passé douloureux pour être bon et sensible. Mais parfois je me demande si ça n'aide pas un peu pour être un peu humain...
    J'aime Depardieu, le fils (j'aime le père aussi).
    Il est parti à Garches. Il était fragile. Il avait eu une maladie nosocomiale. Et une péritonite fulgurante. Que de points communs avec Fiona.
    Il est décédé d'une pneumopathie. J'ai toujours pensé que Fiona partirait d'une pneumopathie. Non elle est partie d'un arrêt cardiaque causé par une apnée.

    Bref, pensons à lui ce soir et au tonton de Danny qui ne va pas bien. Et pour ceux qui peuvent prier...

  • Les vacances c'était...

    Les vacances c’était toute une organisation.
    Téléphoner à Nestlé Homecare pour se faire livrer sur place le nombre de poches d’alimentation nécessaires à Fiona pour la durée du séjour.
    C’était aussi, téléphoner à L’Adap pour se faire livrer sur place l’oxygène et se faire livrer ici, avant de partir, la petite bouteille pour le voyage en train, au cas où…
    C’était tout prévoir, surtout ne rien oublier : un bouton de gastrostomie de rechange au cas où un accident arriverait bêtement, les sondes, les sets de soin, l’appareil à aspirer, l’aérosol, le saturomètre, les ordonnances de kiné et de médicaments, la poussette tout terrain, le transat de bain pour la douche…

    C’était moi qui rouspétais après Pierre car chaque année je m’occupais de tout prévoir.
    C’était Pierre qui râlait tout seul de son côté et stressait car malgré l’immense voiture, c’était un casse tête de tout ranger.
    C’était Fiona qui souriait.
    C’était Pierre qui partait seul la veille au soir et Fiona et moi en train le lendemain.
    C'était le bonheur.

    Cette année Fiona aurait du avoir sa trachéo et le moteur accroché à son fauteuil.

    Demain soir c’est le départ.

    Nous avons changé de voiture, elle est belle, rouge mais l’autre me manque.
    Et, ma seule préoccupation la veille de nos vacances est de regarder dans mon armoire ce que je vais emmener. Ne pas oublier mes affaires de sport, mon maillot de bain pour se baigner dans le Gard, ma brosse à dents, mon nécessaire à sculpture…
    Futilités tout ça !

    Ne pas oublier Ben, ton chien en peluche, ton carnet de communication, tes photos, ta petite boite et se rassurer de ta présence…

    Aujourd'hui ça fait 5 mois...

  • Ce soir

    Les jours passent et j’ai mal.
    Ce mal qui me ronge et jamais ne cessera.
    Ma fille est partie. Sans elle ma vie n’a plus aucun sens. Je recherche un peu de bonheur, un semblant de plaisir, mais bien souvent tout me parait fade et sans goût. Je la cherche, j’attends qu’elle revienne. Je n’en peux plus de cette absence qui a assez duré. Je n’en peux plus de ne plus sentir sa chaleur près de moi et son corps qui se lâche totalement dans mes bras, de ne plus sentir son odeur, de ne plus rire avec elle, de ne plus, ne plus, ne plus, ne plus…à jamais !

    La prunelle de mes yeux s’est vidée, ma vie s’est envolée, mon cœur a lâché, mon oxygène s’est consumé. Ce bonheur que nous vivions ensemble s’est volatilisé, ce bonheur de vivre, de vivre ensemble, tous les trois.

    Fiona n’est plus là. Ce soir j’ai mal, trop mal.

  • Notre Arc en Ciel

    Le quotidien sans Fiona est un quotidien qui a perdu de sa couleur.

    Chaque instant était une couleur de l’arc en ciel.

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    Jaune couleur du soleil, de la joie, de la bonne humeur, le matin au réveil où, après la multitude de bisous, elle ouvrait un œil et nous regardait, un beau sourire quelque peu endormi éclairant son visage.

    Rouge couleur de la créativité, de l’énergie, de la détermination, durant toutes les activités où nos mains s’entremêlaient dans la terre, la peinture et la colle. Où son énergie et sa volonté farouche d’y arriver nous touchait chaque jour au plus profond de notre corps.
    Rouge aussi lors de nos discutions avec son petit clavier, où nous la sentions déterminée à aller au bout de sa réflexion. Chaque mot, chaque phrase, chaque pensée la rapprochait d’un but qu’elle s’était fixée. Cette belle énergie rendait accessibles tous ses espoirs les plus fous.

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    Bleu couleur de la pureté des sentiments, de la sagesse, de la communion des âmes, comme la douceur de nos soirées où nous profitions pleinement du bonheur d’être tous les trois ensembles. Et tous ces moments privilégiés qu’elle partageait avec Pierre au travers d’une histoire lue ou inventée, collée à lui, respirant sa chaleur paternelle et combien rassurante.

    Orange couleur de l’équilibre de l’esprit, des sensations fortes et également de la bonne humeur, le week-end, durant les courses qu’elle appréciait de faire seule avec Pierre car elle profitait de ma place à l’avant de la voiture. Et lorsque nous faisions les boutiques pour lui acheter des chaussures et des vêtements, elle était si coquette et décidée sur ses choix.
    Orange aussi les ballades en forêt, les séances de roller avec Bruno, Laurence et Benoit, les fous rires, les parcs d’attractions, les manèges à sensation forte où n’hésitions pas avec Pierre à la prendre entre nos jambes, bien serrée contre nous. Et hop, partis pour une sensation forte !!

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    Vert couleur de l’espérance, cette espérance qu’elle avait en la vie, espoir de l’amour, espoir du bien être de tous, espoir de croyance en tous, espoir de la beauté du cœur et de la générosité.

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    Violet couleur de la spiritualité, de la douceur, du rêve, quand elle nous regardait de ses yeux noirs pétillants, nous touchait la peau avec une volonté de douceur, quand son regard s’évadait vers d’autres contrées, d’autres lieux qu’elle seule connaissait…

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    Notre arc en ciel a perdu de ses couleurs…

  • Survivre

    Coup de blues ce soir.
    Nous vivons ?
    Ou bien nous survivons ?

    Fiona est partie depuis 2 mois. Le 24 février nous semble hier et il y a 10 ans.
    Elle nous manque. Plus les jours passent, plus elle nous manque.
    C’est à se taper la tête contre les murs certains jours (aujourd’hui).
    Nous survivons.
    C’est comme si nous n’en pouvions plus d’une absence qui a assez duré et que nous allions enfin nous réjouir de la retrouver.
    Sauf que son absence n’a pas assez duré puisqu’elle va définitivement durer !
    Je voudrai être quelques mois en arrière.
    Je voudrai changer le cours de la vie.
    Mais il n’y a pas d’issue. Aucune issue.
    Elle n’est plus là physiquement.
    Nous survivons.

    Avez-vous toujours autant de peine ? Ce mal, vous ronge t-il toujours autant ?
    Nous oui.
    Nous survivons.
    Pire, il nous tue à petits feux. Du moins, c’est mon impression certains jours.
    Oh certes, nous rions, nous sourions, nous sortons, nous mangeons, nous dormons (comme l’on peut), nous allons au ciné, nous faisons du vélo…Mais nous sommes des martiens, d’une autre planète. Nous ne sommes pas vraiment là. Nous sommes avec elle. Avec Fiona.

    J’ai peur. J’ai peur que tout le monde l’oublie. J’ai peur que nous ne soyons plus que quelques uns à vivre avec Fiona dans la tête, dans le cœur, dans le corps.

    Je veux parler d’elle. Crier mon amour pour elle et que l’on me comprenne. Je veux qu’elle soit là à chaque instant, dans la tête de chacun.

    Fiona, ce livre que je t’ai promis, je l’écris. J’y passe tout mon temps…A défaut peut être d’être bien écrit, il sera beau car il sera TOI.
    Cette association, ton combat, oui elle verra le jour. Grace à tes amies...
    Et ce bateau portant ton nom, il naviguera…

    Tu sais Fiona, je n’oublie pas l’essentiel. Je regarde la misère, les gens malheureux, les injustices, les horreurs, les idioties, les aberrations et toutes les belles choses de la vie aussi. Je continue de regarder et de comprendre, nous continuons de regarder et de comprendre car comme tu disais :
    « Pour tout voir cela est très facile, moins efficace pour mieux comprendre que regarder.
    Pour moi joie de regarder loin et pouvoir comprendre »

    Je t’aime, tu me manques tellement !