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Tristesse - Page 3

  • Chez toi

     



    podcast

    Voilà venu le temps des cartons...
    Par où vais je commencer ?

    Je pensais démarrer par la chambre de Fiona.
    Je veux être seule, seule pour me noyer une dernière fois dans mes souvenirs, entendre l'écho de ses rires quand je rangerai ses jeux de société, la sentir quand je respirerai l'odeur de ses vêtements, l'imaginer tentant de tourner des pages quand je toucherai ses livres, la voir clairement dans ma tête quand je déposerai au fond du carton ses petites affaires personnelles de fille.
    Ces cartons qui resteront fermés à vie, dans un coin, quelque part, je ne sais où, et sur lesquels je vais inscrire « FIONA » avec ma plus belle écriture.
    Ces 5 lettres qui s'effaceront au fil du temps pour devenir illisibles dans quelques décennies...
    Ces cartons qui cacheront toute une belle tranche de vie, trop courte, faite de bonheur, de grand bonheur et de souffrances.
    Et dont personne n'aura que faire dans des dizaines d'années.

    J'ai mal. Elle me manque. 

    Non, rien ne presse, je vais commencer par ranger des choses plus futiles dont je me moque carrément, vaisselle, objets de déco, livres, linge de maison.

    Ta chambre, Fiona, je la ferai plus tard, un jour prochain.

  • La vie est là

    Cette nuit l’angoisse de ton absence définitive s’est installée peu à peu en moi.

    Légère sensation désagréable qui débute au plexus, avec des petites étincelles qui montent jusqu’à la gorge.

    Puis, elle s’éparpille, s’étale pour s’emparer de chacun de mes organes, jusqu’à mon esprit et mon repos intérieur.

    Elle dégouline dans mon corps, se l’approprie en y laissant sa marque.

    La lourdeur de la souffrance qu’elle disperse jusque dans les moindres recoins.

    Ce poids qui entrave tout bien-être, toute perception du bonheur.

    Toujours là, plus ou moins pesant, toujours là à me rappeler l’effroyable.

    Je suis impuissante face à une telle adversaire, j’attends, je me sens tellement vulnérable.

    J’attends. Je te parle, viens moi en aide.

    Et je pense à ces beaux jours qui arrivent et qui n’auront plus jamais le goût d’avant.

    Je vois ton visage d’adolescente que je ne connaîtrais jamais autrement.

    Je vois ton sourire, si tendre, si vrai, dénué de tout intérêt.

    Je sens ta petite main se poser sur ma peau.

    Ce ne sont que des perceptions, des images irréelles…

    Plus rien n’est réel.

    De mes jours, à mes mois, à mes années, de la vie qui est mienne  au monde qui m’entoure.

    Plus rien n’est réel.

    Le film se poursuit malgré l’image principale restée figée à jamais.

    Les sons grésillent et se transforment au gré de ma mémoire.

    Et elle est là, en moi, cette angoisse qui me réveille. Qui me rappelle l’horreur inattendue.

    Tu n’as fait qu’une courte apparition. Juste un aller retour le cœur plein d’un trésor inouï.

    Trésor que tu as distribué autour de toi, sans compter, jusqu’à oublier tes propres souffrances.

    Nous rassurer, nous apprendre, nous aimer.

    L’angoisse poursuit sa route interminable, elle m’enveloppe, me serre, m’étouffe.

    J’ai peur, si peur de vivre sans toi. Petit bout de femme. Mon petit bout de femme.

    Je ne suis qu’une masse de frayeur posée sur le lit.

    Un esprit malade dans un corps habité.

    Viens moi en aide.

    Envoie moi ce sourire plein de vie.

    Pose ta main sur mon épaule, réveille moi.

    Réveille moi.

    La vie est là, je le sais.

     

     

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  • J'ai perdu mon ami d'enfance

    Pierre et moi sommes rentrés de Fontarèches il y a 1h30 environ
    J'ai écouté tous mes messages et je suis tombée sur un vieux message qui date du 2 mars.
    La juge des tutelles qui me prévient que Vincent est décédé et que ses obsèques auront lieu le lendemain à Crosnes.
    Je n'ai pas écouté mes messages téléphoniques depuis plusieurs semaines. Pourquoi ?
    Quelle conne je fais parfois !

    Cette satanée maladie de Huntington l'a emporté. Et toutes ces belles années vécues ensemble dans l'inscouciance de notre enfance et de notre adolescence me reviennent en pleine tête, comme une claque ce soir !
    Je revois son visage la dernière fois que je suis allée le voir. C'était le 1er février.
    Je lui avais promis de revenir. Je n'ai même pas tenu ma promesse.

    Je vous laisse avec cette photo de nous deux. Vous la connaissez déjà, je sais, mais c'est une belle photo qui représente beaucoup pour moi.

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  • Elle

    Me revoilà après quelques jours d’absence.
    Je suis partie 2 jours en Belgique pour la préparation du défilé de mode qui aura lieu le 13 février à l’occasion des 20 ans de l’Association Horizon 2000.
    Agréable moment avec quelques relations amicales et mon très tendre ami Serge.

    A mon retour de Belgique, j’ai été prise d’un effroyable malaise en pleine nuit, et je me suis retrouvée couchée au sol, la tête entre le wc et le mur, le front abimé, sans comprendre depuis combien de temps j’étais là. Une toute petite tension et un mauvais virus. Je suis encore KO.

    Et aujourd’hui, l’angoisse au ventre. Toujours la même. L’hiver, Noël, la vente de la maison, le changement de vie, le manque de Fiona qui grandit chaque jour. Je ne vais pas bien, rien ne m’intéresse. Je ne pense qu’à elle. Qu’à elle. Ma vie s’est arrêtée je crois.

    Voilà, pas grand chose à vous raconter.

    Mon concours rire est en route (voir l’album colonne de gauche). J’attends les photos de vos plus beaux rires !!

  • Mais que m'arrive t-il ?

    L’hiver est là, la pluie, le froid, la morosité. Je reste au chaud, près du feu de cheminée et je pense.
    Cette absence qui même après 10 mois me pèse toujours autant. Cette absence dont je ne réalise pas encore très bien qu’elle est définitive. Cette grande maison vide où je vois encore les traces du fauteuil de Fiona sur certains murs. Son lit, avec les draps froissés, comme si elle avait dormi là cette nuit. Oui elle est juste partie au centre, je l’attends, elle revient à 16h15. Et nous discuterons de sa journée à l’aide de son petit clavier, elle me demandera peut être de jouer aux dés. Et nous prendrons un bain toutes les deux ensemble. Nous mettrons de l’eau partout dans la salle de bain et je me régalerai de l’entendre rire aux éclats.

    Mais, je le sais, elle ne va pas rentrer ce soir...

    Je pense. Notre maison est en vente. C’est douloureux. Je ne m’imagine même pas vider son armoire, mettre ses affaires dans des cartons pour ne plus jamais les ressortir. Je ne pourrai pas, c’est certain. Alors, je laisserai aller mon envie de remplir à nouveau son armoire dans notre prochaine maison. Je recréerai son espace.

    Je pense. La douleur était si forte lorsqu’elle est partie que j’ai essayé de m’inventer une histoire qui me ferait moins mal. Du genre, l’ado qui a quitté le nid familial pour s’envoler de ses propres ailes…Dans un pays lointain m’empêchant de la voir. Juste un coup de fil imaginaire de temps en temps. Comment puis-je inventer une histoire pareille ?

    Je pense. Cet été elle aura 18 ans. Nous lui avions promis une soirée merveilleuse, exceptionnelle. Cet anniversaire, nous le fêterons. Cette soirée magique, nous lui offrirons. Personne n’a eu l’air choqué de notre décision. A moins que personne n’ait osé le dire…
    C’est certainement son dernier anniversaire que nous fêterons vraiment. J’aimerais organiser une messe pour elle l’après midi. Il faut que j’y réfléchisse.

    Je pense. Pierre aimait Fiona comme sa propre fille. Il l’aime comme sa propre fille. Je me demande parfois si Matthieu n’en a pas souffert. Une famille recomposée n’est jamais simple à vivre. Et quand le handicap est présent, c’est encore moins simple. Fiona aimait Matthieu comme son frère. C'était un grand bonheur pour elle de passer du temps avec lui.

    Je pense. A sa demi-sœur. Sa demi-sœur totalement absente de sa vie. Elle a 30 ans et est maman. Je l’ai revue pour la succession. Elle est héritière de la moitié des biens de Fiona…Elle a fait son premier cadeau à Fiona il y a quelques mois…un panier de fleurs posé sur sa tombe.

    Mais que m’arrive t-il ? Je me sens si triste...

  • Coline

    Coline est partie hier à 5h30.
    C'est une petite fille de 9 ans que vous ne connaissez pas, une petite fille qui laisse ses parents et ses frères dans une douleur indescriptible.
    Une petite fille qui est partie rejoindre tous ses amis enfants, partis comme elle, bien prématurément.

    Aujourd'hui, toutes mes pensées et mes prières sont pour elle et pour sa famille.
    Je sais qu'elle veillera sur eux, comme Fiona le fait avec nous et ses amis. Je sais qu'elle les guidera et les aidera à surmonter cette terrible épreuve, la pire que des parents puissent connaitre.