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27/09/2008

Pour Benoit

Hier soir, tu es rentré à la maison.
Quelques minutes après avoir eu ta maman au téléphone, je suis montée dans la chambre de Fiona.
Voici ce que j'y est trouvé

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Tu te rappelles ? C'est un confetti de ton anniversaire, tes 16 ans. Ne me demande pas pourquoi il est là. Je fais le ménage chaque semaine dans la chambre de Fiona et j''y vais plusieurs fois par jour, pour ouvrir les stores, m'asseoir sur le lit, regarder.
Et voilà, qu'hier soir, venant de nulle part, ce confetti s'est déposé là.

Benoit, je crois bien que c'est pour toi.

Je t'offre également la dernière fleur de l'orchidée que vous avez offerte à Fiona ce 18 juillet.

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Je t'embrasse très fort bonhomme.

10:46 Publié dans Bonheur | Lien permanent | Commentaires (7)

25/09/2008

Lettre d'un fils à sa maman

Chère Maman

Vie de bonheur avec toi, tu es vraiment une maman super !
Je suis heureux d’être ton fils, c’est le plus beau cadeau pour moi l’amour que tu m’offres.

Mes rêves sont une vie de bonheur, une vie d’amour avec toi, tu es une merveilleuse maman.

Et la vie que tu m’offres adouci ma douleur de vie, moi je rêve de vie meilleure pour pouvoir te dire de ma voix à quel point je t’aime et à quel point tu es formidable pour moi…
Cette loi d’amour pour moi.

Des fois je nous imagine toi et moi à reparler de vie normale avant, nous rions du passé, humour dans ma tête, bien des fois j’aimerais discuter avec toi des choses de la vie, mais je ne peux pas car ma voix est silencieuse.

Mais aujourd’hui, tata va le dire pour moi : « Maman je t’aime plus que tout, joyeux anniversaire ».

Je t’embrasse, bisous d’amour

JE T’AIME

Ton fils Hédrick

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22/09/2008

Je vais mieux

Je vais mieux.

Je ne peux pas encore dire « nous » alors, aujourd’hui je dis « je ».
Je vais mieux.
Dans deux jours, nous serons le 24 septembre.
Sept mois sans ma fille. Avec elle mais sans celle. Je suis emplie d’elle mais vide d’elle.
Jamais je n’aurais pu imaginer ne serait ce qu’une seconde que cette douleur s’atténuerais un peu au fil des mois.
Jamais je n’aurais pu imaginer vivre à nouveau quelques instants de bonheur sans elle.

Je voulais partir, je voulais la rejoindre. L’impatience de la revoir était trop grande. J’espérais que « quelqu’un » là haut m’entendrait pour abréger ma souffrance, me permettre de rejoindre celle qui a toujours été le moteur de ma vie.
J’ai été entendue. Ma souffrance a été abrégée d’une manière différente.
J’ai compris tant de choses depuis.
Le choc a été fort, si dévastateur. Il fallait bien se relever, sortir de cette bulle dans laquelle je me suis enfermée durant quelques mois. Même si je participais, même si je souriais, même si j’étais présente, ma bulle m’empêchait de voir. J’étais entre deux mondes.
Et je réfléchissais. J’essayais de comprendre. J’essayais de pardonner à ceux qui m’ont fait souffrir par leur désintérêt vis à vis de Fiona. Désintérêt qui n’en était pas.
J’essayais de comprendre les circonstances dans lesquels Fiona était partie et j’essayais de ne pas en vouloir à qui que ce soit.
J’essayais de me pardonner de ne pas avoir toujours été à la hauteur.
De ne pas avoir toujours pris le temps nécessaire. De ne pas avoir su lire ses mots. De ne pas avoir pris la bonne décision au bon moment (« maman je sais que tu feras tout ton possible pour que je respire rapidement »).
J’essayais de me pardonner les instants d’impatience à son égard. Les larmes qu’elle a versées en me voyant irritée.
J’essayais de me pardonner les angoisses que j’ai pu lui transmettre faute de n’avoir pas trouvé la force de les chasser. Nos angoisses qui étaient source de culpabilité chez elle.

J’ai réussi je crois.

Et j’ai revécu tous nos moments de bonheur, nos rituels si importants à ses yeux et aux miens, notre complicité, nos échanges, nos confidences, nos victoires.
Ce beau chemin avec elle, ce doux voyage qui m’a fait grandir.
Ce beau cadeau qu’elle m’a offert : elle.

J’ai réfléchi sur ce que nous croyons être. Sur le temps qui passe différent du temps qui est vraiment. J’ai réfléchi sur cet amour qui n’a aucune limite dans l’espace, aucune barrière.

Et un jour j’ai réécouté cette chanson.


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Celle que nous avons écoutée lors de ses obsèques. Je l’ai réécoutée et je n’ai pas pleuré. J’ai souri.

Et je suis montée dans sa chambre, j’ai ouvert sa malle aux trésors avec tous ses jeux. J’ai jeté ses peintures desséchées. J’ai trié et rangé. J’ai préparé deux cartons pour l’IME.

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J’ai remis certains jeux dans sa malle.
J’ai ouvert son armoire et respiré ses vêtements. Son parfum.
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Je n’ai pas pleuré. J’ai refermé l’armoire. Elle restera pleine.

J’ai pris son crayon dans mes mains.
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Je le laisserai sur son bureau.
J’ai regardé sa porte d’ascenseur et j’ai subitement entendu son rire. Fiona aimait faire des blagues dans l’ascenseur.
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J’ai fait le tour de sa chambre. Nous ne changerons rien. Nous n’en avons tout simplement pas envie et ma mère, sa mamy, en a besoin pour se ressourcer.

J’ai refermé la porte. Je me sentais bien, mon cœur souriait. Ma fille était là avec moi, en moi.
J’ai descendu l’escalier, je lui ai souri en passant.
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Je n’ai pas pleuré.
Je vais mieux.

14:41 Publié dans Bonheur | Lien permanent | Commentaires (30)