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Un autre monde


Quand je me remémore mes anciennes années, je souris.
Je vivais bien, j’étais heureuse, toujours en mouvements, à courir entre boulot, Fiona, famille, amis.
Je me la faisais citadine à fond ! « Moi ? Jamais je ne pourrais vivre à la campagne »
Nous sortions pas mal : ciné, musée, restaus, amis, virée Paris by night, magasins de fringues, de meubles, de déco.
Ma CB avait très chaud !

Je suis à née à Paris, j’ai grandi à Paris, j’ai toujours aimé cette ville où les embouteillages à 1h du mat ne surprennent pas. L’Ile de France, c’est la facilité, tout à portée de mains et de désir. Une envie, un claquement de téléphone et hop, le désir est exaucé.
Le lieu où tout le monde vit à 100 à l’heure et s’écoute dire « je n’ai pas le temps, je suis overbooké ».
Pourtant, malgré ma vie remplie puissance 15 000 j’ai toujours pris le temps. Je n’ai jamais laissé se perdre l’occasion de dire un mot, d’envoyer un message, de parler à ceux que j’aime.

Depuis, je n'ai pas changé sur mon envie de communiquer et d'amour mais j’ai changé de vie. Totalement. Un virage serré à 300 km /h, un dérapage, une tombée dans le fossé, une rééducation longue et douloureuse, et enfin  une résurrection.
Quand Fiona est partie je n’ai pas compris que je devais changer ma vie. Je l’ai su 1 an après brutalement. C’était vital. Je changeais tout ou je me le laissais mourir.

 

Le chemin n’a pas été très drôle, pas très chouette parfois. J’ai souvent cru que j’allais bien alors que j’étais au fond du trou. J’ai souvent cru que la fin de ce douloureux chemin était proche alors qu’il était si loin…J’ai pleuré, hurlé, pleuré, hurlé, ri, pleuré, hurlé parfois en silence pour ne blesser personne. J’ai si souvent voulu mourir. Pour la rejoindre, elle, ce petit bout de femme qui était mon Amour. Si souvent. J’y étais presque. Mais l’image de Pierre et de ma mère venait me dire que je ne devais pas faire ça. Je me suis trouvée lâche d’y avoir pensé. Et je suis repartie pleine d’énergie pour mieux  retomber quelques mois après. Je m’accrochais au bonheur mais il me rejetait. Je m’accrochais à lui, je m’accrochais imperturbable, toujours pleine d’optimisme, prête à tout pour REVIVRE. Mais…
Ce n’est pas simple. Les mots me manquent pour décrire l’horreur d’un tel désastre qu’est la mort de son enfant. Cette enfant, celle avec laquelle je vivais en totale fusion. Celle que je levais le matin, que je préparais, que je portais dans mes bras, que je soignais, que je nourrissais avec son alimentation entérale. Celle avec laquelle je rigolais, je discutais avec son clavier. Celle qui rentrait chaque soir après sa journée à l’IME et que je me faisais une joie de retrouver, une impatience. Celle que je câlinais chaque jour, matin et soir, avec mon cœur de maman. Celle qui remplissait ma vie avec  joie et qui me donnait de belles leçons de vie.

Difficile de survivre. Se retrouver sans elle, tourner en rond et la chercher. La chercher partout. Difficile de ne plus être maman du jour au lendemain.  Ou juste dans mes souvenirs. Mais plus du tout dans la vie. Difficile de perdre la prunelle de mes yeux. Je me suis sentie vide, sans but, en errance totale, perdue, intéressée de tout. Malgré tout  j’ai toujours gardé en moi  cet espoir inné,  cette certitude que la vie est belle même dans la pire des situations. J’ai cette conviction depuis toujours. Et cette joie qu’elle m’a appris. Elle. Cet ange.

 

Fiona 2006.jpg


Je crois pouvoir dire que ces derniers mois j’ai compris beaucoup de choses.  Grâce à ma fille, grâce à ma vie, à ma nouvelle terre, aux personnes que nous rencontrons ici. Grâce à la méditation et au yoga aussi certainement (Adi Vajra Shakti Yoga).
 
Je vis pleinement, j’avance toujours plus en  me détachant du superflu, du négatif. Se faire du bien et améliorer son esprit, se libérer, aller vers le bon. C’est un pas vers les autres.
Je prie beaucoup aussi. Mes convictions, existantes depuis toujours, se sont encore renforcées.
Je crois être sur ma route, c’est ce qui m’importe et peu importe ce que les autres en pensent. Pourvu que j’aille où je veux aller, où je sens que je dois aller. ..et j’y vais.

Dans un autre monde. Celui où je vis déjà depuis quelque temps et dans lequel je me sens bien.

Je dédie cette note à ma petite maman que j'aime très fort et qui a su faire de moi la femme solide que je suis.
A Pierre, qui a élevé ma fille avec l’amour d’un père et que j’aime tendrement. 3 en 2 pour l'éternité.
A JC qui partage ma vie et m’accompagne. Merci mon amour, je t'aime.

 

 

 

Commentaires

  • Merci pour ce joli partage
    et que te souhaiter si ce n est le Bonheur
    bonne continuation sur le chemin de ta nouvelle Vie
    bisous

  • Je suis si heureux de faire partie de ton autre monde et je remercie la vie de t'avoir placée sur ma route.
    Et surtout merci Fiona, pour toute l'énergie positive que tu as développée chez ta maman qui est si optimiste , généreuse et joyeuse de nature.
    Merci mon amour, car tu me donnes chaque jour une chose précieuse et essentielle, l'envie de VIVRE.
    Vous êtes si belles toutes les deux.

  • Je reste sans voix.... Ta note est belle comme toujours, profonde fait remonter tellement de sentiment que je partage.. Ce virage â 300 degré résonne en moi... sœurette je suis rassurée car tu vas bien... Mieux.., et puis nous le savons bien, la mort n est rien... Ce n est qu un passage et nous nous retrouverons tous plus tard ... Et ça ça me met le cœur en joie! . je t embrasse fort fort fort

  • Encore une fois, tes mots me touchent profondement.Et j'aime ton grans besoin de verite qui te fais partager ton vecu et tew emotions.que ta route soit belle, Patoune et comme le dit cette benediction irlandaise:
    "Que le route s'eleve sous tes pas, que la pluie arrose tes champs, et que DIeu te garde dans la paume de ta main jusqu'a notre prochaine rencontre". Bisous, cousine.

  • Douceur, plénitude et optimisme voici ce que je ressent en lisant ta note ma cop's... Que de chemin parcourus, un chemin fait de hauts et de bas, comme les montagnes russes ou il faut s'accrocher pour ne pas tomber ... Tomber, tomber, tomber et le courage et la force de te relever à chaque fois, même si parfois tu aurais aimé te laisser allé avec l'envie de dormir et ne plus jamais te réveiller tu savais que l'amour t'entourait et t'entoure encore à ce jour. Dans cet autre monde qui est le tient à présent, dans cette nouvelle vie, je souhaite que cette douceur t'accompagne à chaque instant, à chaque respiration, car comme disait Fiona : " Imagine tout ce miel qui coule pour oublier tes douleurs "

  • Coucou ma belle,

    Notre chemin est long, périlleux, dangereux, douloureux, mais tellement beau. Merci à nos amours, nos trésors, de nous avoir donné autant de force pour le parcourir. Je ne sais pas, tout comme toi ma chérie, je ne saurais jamais si la vie aurait la même saveur si ma fille n'avait pas été une enfant extraordinaire, mais ce que je sais c'est qu'elle m'a offert la chose la plus importante qu'il soit, le goût et l'amour de la vie. Nous viendrons le plus souvent possible te rendre des petites visites dans ton autre monde, dans votre autre monde les amis. Allez-y vivez moi je suis heureuse de vous voir heureux et j'aime ça.

  • Ta douleur t’offre une profondeur que tu es seule capable de trouver et d'exprimer. Des mots ni languissants, ni funèbres, mais ensoleillés d'amour pour ceux qui t'entourent.Bisous PATOUNE.

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