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03/11/2012

J'enrage de son absence, le film

 

La limite entre la raison et la déraison…

Qui peut comprendre comment est-il possible de franchir ce seuil, inconsciemment, instinctivement peut être ?  Et cette volonté féroce, presque inhumaine qu’il faut avoir pour ne pas sombrer… ?

Perdre son enfant, son seul et unique enfant et se retrouver seul, sans aucune raison de vivre. Plus de famille, plus de foyer, juste un couple sans enfant avec sa souffrance horrible. Deux êtres face à l’inacceptable. Et l’ultime issue : se séparer pour ne pas se noyer.

Comment n’aurais-je pas pu me retrouver tantôt dans Mado, pudique et silencieuse, qui se doit à tout prix d’être heureuse. Et, tantôt dans Jacques qui jamais ne s’est relevé de ce drame et que l’on voit, impuissants que nous sommes face à son effroyable douleur, sombrer peu à peu dans l’insensé et franchir le seuil de la déraison.

C’est si simple de passer de l’autre côté quand il n’existe plus l’essentiel.

Mado a réussi à se reconstruire une vie, une vraie famille avec un mari et un enfant. « Je suis parfois heureuse » dit-elle. Jacques n’a que le vide de sa vie dénuée de sens et sa culpabilité pour seul compagnon. Mado a rangé (en apparence) sa souffrance dans une caisse en plastique au fond de la cave. Jacques, lui,  n’est que souffrance. Il va revivre quelques semblants de cette paternité définitivement perdue, avec Paul, le petit garçon de Mado. Et sombrer davantage…

Je suis heureuse qu’un film raconte cette histoire avec autant de sensibilité, de délicatesse et d’intelligence. La perte de son enfant, le deuil de la famille que l’on s’est construite, la souffrance liée au simple fait de ne plus être père ou mère du jour au lendemain et ce, pour toujours, l’impossibilité de se reconstruire une famille…Tout ce qui peut mener à bien des débordements.

Quand Fiona est décédée, quelques mois après, à bout de souffrance, j’ai eu l’idée pendant quelques jours de m’inventer une histoire qui aurait pu me faire vivre son départ moins douloureusement et me faire retrouver mon « statut » de maman. Une histoire inventée que je me suis ressassée dans ma tête des jours durant, silencieusement, honteuse de créer de toutes pièces une telle histoire dans le seul but de moins souffrir.  J’aurais pu tout autant rejeter éperdument mon Amour perdu sur ma nièce. Ou bien, décider qu’il fallait affronter ce drame, accepter que ma fille ne soit plus dans ma vie terrestre, apprivoiser ma douleur quotidienne et surtout, ne pas souffrir de voir le bonheur des autres mamans.  Et se reconstruire une nouvelle vie, ailleurs, un autre bonheur. C’est ce que j’ai fait.

Je suis également heureuse que ce film montre la souffrance d’un homme, souffrance souvent mise sous silence lorsqu’il s’agit de la perte d’en enfant. Souffrance certainement moins reconnue dans notre société où l’on croit encore que l’amour viscéral et  inconditionnel pour son enfant n’appartient qu’aux femmes qui, elles, ont mis au monde cet enfant.

Pourtant, il est évident que les femmes n’ont pas le monopole de l’amour et de la souffrance.

Pour finir cette note, juste quelques mots sur l’interprétation. William Hurt, Alexandra Lamy et le jeune Jalil Mehenni  sont juste parfaits !

Merci Sandrine Bonnaire pour ce film intense.




 

Commentaires

Que dire Pat après t avoir lu, que je comprend ce que vous vivez, non car je ne le vis pas moi même, et la vie m a bien appris qu il faut vivre les choses pour les comprendre
Je te dirais simplement que je vous serre tous contre mon coeur et que je pense très souvent à vous et vos Anges partis bien trop tôt
Et après t avoir lu j ai envie d aller voir ce film même si je sais que les larmes vont couler.... mais bon on ne me refera pas je suis comme ça ;)
gros bisous Pat et prends bien soin de toi, Fiona n est pas très loin et ça j en suis certaine

Écrit par : Mireille | 03/11/2012

Quelle puissance dans ces mots que tu écris avec ton âme, pour retransmettre en parralèle à la fiction si parfaitement réalisée et interpretée, ce qui est purement ton vécu: celui d'une mère qui sait profondément la souffrance irréversible d'avoir perdu son unique enfant.

Écrit par : Jean-Christophe | 03/11/2012

Oui bien reçu...Comme toujours ..Je te reçois toujours bien ..
En plein dans le mille..Là où ça touche les émotions ..Les tiennes et les miennes..Là où on s'aime.

Écrit par : carole | 03/11/2012

Cette peluche, c’est toi
Ton parfum imprégné
Me plonge dans le passé
Et ses moments de joie

Cette Peluche, c’est toi
Je te serre dans mes bras
Tout au creux de mon lit
Tu apaises mes nuits

Cette peluche, c’est toi
Blottie tout contre moi
Tu me fais un câlin
Preuve que tu n’es pas loin

Cette peluche, c’est toi
Sur moi posés, tes yeux
Et ton sourire radieux
Rien que pour moi, petite Fiona

Tata qui t'aime

Écrit par : Delmée Marie-Christine | 04/11/2012

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