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16/06/2011

Nos peurs

 

Parfois je me demande comment serait le monde si nous avions tous la faculté de vaincre nos peurs face à l’inconnu, quel qu’il soit. Nos peurs de la différence, quelle qu’elle soit. Toutes ces peurs qui nous amènent trop vite à l’indifférence.

Je me rappelle, il y a 20 ans, j’emménageais dans les Yvelines. J’étais enceinte de Fiona, je prenais un bus chaque jour pour me rendre au RER. Dans ce bus, certains matins, voyageaient également des adultes ayant un handicap mental léger. Ils se rendaient à l’ ESAT. Un matin, l’un d’entre eux s’est assis à côté de moi et a tenté d’entamer une conversation. J’ai été prise de panique. Je ne savais pas quoi lui répondre. Je me suis rappelée alors, de cette école pilote à Paris, où j’avais fait ma maternelle et où la mixité était de rigueur. Certains de mes petits camarades avaient un handicap moteur et/ou mental léger. Et de cette petite fille atteinte de trisomie qui s’était liée d’amitié avec moi lorsque j’avais 14 ans, le temps d’un séjour en maison de convalescence, où la encore, la mixité était présente. Je n’avais aucune peur à l’époque. Tout était naturel, spontané, sans malaise.

J’ai retrouvé les jours suivants ce jeune adulte handicapé mental dans le bus. Et nous avons parlé. Simplement.

Puis, Fiona est née. Avec son IMC. Et subitement, je me suis retrouvée au travers d’elle, de l’autre côté de la barrière. Et là, j’ai vu. La peur, le malaise, le doute, l’indifférence. La pitié aussi parfois. Il me suffisait de me rappeler certains moments de ma vie d’avant pour comprendre ce sentiment de peur face à l’inconnu. Cette peur engendrée par l’ignorance.

Toutes ces peurs qui nous bouffent la vie, qui nous empêchent d’être réellement nous et d’agir comme nous le souhaiterions. Cette amie de la famille pour laquelle je n’ai pas été présente tout au long de sa maladie, simplement parce que j’avais peur de ne pas trouver les mots pour la réconforter. La fuite est plus facile dans ces moments là.

Comme la peur face à une personne en détresse suite à un évènement douloureux (deuil, rupture). Quoi lui dire, quel réconfort lui apporter ? Certains préfèrent faire abstraction totale de l’évènement douloureux, faire comme si rien ne s’était passé. D’autres s’en vont. Et quelques uns restent, parfois en silence. Mais c’est si bon le silence.

Alors, que faire pour vaincre nos peurs ? Faut-il vivre une vie « riche » en douleurs pour exorciser ce mal ?

 

 

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Commentaires

Vaste question.......Être juste soi même en regardant les autre ou en étant regardés par les autres...Rien changer , l'autre n'a pas besoin d'un regard différent....
Amitiés Pascal

Écrit par : pascal foucher | 16/06/2011

Vaste question.......Être juste soi même en regardant les autre ou en étant regardés par les autres...Rien changer , l'autre n'a pas besoin d'un regard différent....
Amitiés Pascal

Écrit par : pascal foucher | 16/06/2011

La peur blocage et la peur excuse toute trouvée à nos manquements, à nos lâchetés. Il faut du courage pour ouvrir son coeur et sa conscience à la réalité, à la souffrance de l'autre et nous ne sommes pas tous égaux en terme de courage.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire dit un certain, je ne pense pas qu'une vie "riche" en douleurs soit la seule voie pour vaincre nos peurs mais c'en est une assurément.

C'est un très vaste sujet, très intéressant, de quoi avons nous si peur finalement ? de mal faire ? de blesser l'autre ? de ne pas être fiers de nous ? Les mécanismes de la peur sont multiples alors qu'en fait une seule peur devrait être primordiale : celle de ne pas vivre pleinement ?

J'aime bien cette phrase aussi : Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. Sénèque

Et pour finir sur "le silence" garder le silence : quand c'est un choix c'est courageux aussi :))

Écrit par : justmarieD | 16/06/2011

Ah marie , marie.....Dommage que nos maisons soient si éloignées....Mais bon il parait que plus on s'ennuie de loin moins on s'ennuie de prés....Alors:-)...

Écrit par : pascal foucher | 16/06/2011

Ah Pascal, Pascal, nos maisons sont éloignées mais nos combats, pensées, coeurs et consciences sont proches ! à choisir je préfère ça que l'inverse :)

Écrit par : justmarieD | 16/06/2011

C'est vrai tu dois être chiante a vivre lol

Écrit par : pascal foucher | 16/06/2011

Etre présent en silence...c'est plutôt de cela dont je parlais.
Savoir que l'autre est là.
J'aime aussi beaucoup cette phrase que tu cites, Marie.

Pascal, sans cette peur, chacun resterait soi même, justement.

Écrit par : Patricia | 16/06/2011

Oui , c bien ce que nous disions : vaste débat.....

Écrit par : pascal foucher | 16/06/2011

Oui voilà pour le silence j'avais bien compris cela, parfois accepter de juste être là, sans rien dire, sans rien faire, juste être là, c'est déjà beaucoup et pour avoir ce courage il faut avoir confiance en soi ... et en l'autre :) ... merci d'avoir cru en moi ;)

@ Pascal oui je suis chiante, super chiante :))

Nos peurs nous caractérisent aussi et si elles ne doivent pas nous guider, elles font partie de nous, on peut les dépasser ou les accepter, les nier nous conduit à mon sens sur des chemins qui ne sont pas les nôtres et nos "bonnes" peurs se transforment en mauvais stress, il faut savoir s'écouter jusque dans nos peurs je crois.

Écrit par : justmarieD | 16/06/2011

j'aime tes interrogations, Patoune, elles ne laissent jamais indifférent. Tu le sais, le handicap en lui-même ne m'a jamais fait peur, j'ai été "apprivoisée" par les personnes de l'arche. Par contre, je vis en ce moment ce dont tu parles par rapport à la maladie. Une amie a un cancer et j'ai beaucoup du mal à lui être présente comme je l'aimerais, parce que je viens déjà de vivre cela avec mon amie Martine, et aussi parce que cela me rappelle Maman. Cette peur là, j'ai mis du temps à la reconnaître, et à l'accepter, à accepter qu'elle me paralysait, que je ne pouvais pas appeler, ni entendre parler de la maladie, pour l'instant en tout cas. J'espere que je vais me " débloquer" bientot. en même temps, je prends conscience qu'il faut du temps et que passer par dessus cette peur, sans en tenir compte, serait faux..rien que d'écrire ces mots, j'ai la gorge serrée. je vais creuser tout cela , en douceur, et comme tu le dis être présente en silence. bisous pleins d'affection, cousine.

Écrit par : marie-no | 16/06/2011

je ne comprends pas vos peurs... Les malades et le malade que je suis savent qu'ils sont malades même si ils ne veulent pas vous le montrer. Ne prenez pas les malades pour des imbeciles capables seulement de dénis! Le malade il sait, comment ne pas le savoir, quand on sent son corps évoluer de quelque façon qu'elle soit, donc parlons lui normalement.
Et son seul souhait au malade est de ne pas montrer, car en montrant vous vous apitoyer sur son sort, et qd ils se montre fort vous le taxez de dénis alors qu'il ne fait que vous protéger en ne vous enfonçant pas de ses douleurs et souffrances.Et en faisant ça , c'est a dire montrer sa force, il est sûr de récolter au pire un encouragement et un flatteur " oh toi t'es un combatif".... Et c'est toujours mieux que des "on te plaint, ça doit pas être facile. Oserai je dire que les malades c'est vous?Malade d'avoir peur de l'être et de ne pas avoir la force de ceux que vous taxez de dénis....

Écrit par : pascal foucher | 16/06/2011

Nous sommes tous différents au niveau des peurs. C'est certain. Mais je n'ai jamais pu imaginer qu'une personne malade et "forte" soit interprétée différemment. Il faut être con pour penser que la force n'est que semblant et est du dénis. Mais c'est certain il y a des cons partout.
Je crois que c'est la souffrance de quelqu'un que l'on aime profondément qui fait mal et qui peut paralyser.
Par contre, je crois que Pascal tu as touché un point hyper sensible "malade d'avoir peur de l'être".

Lorsque j'ai perdu Fiona, je ne supportais pas les personnes qui évitait de m'en parler. J'avais envie de crier à la terre entière que ma fille n'était plus là et que c'était invivable ! J'en ai fait fuir plus d'un...

D'où la dernière phrase de ma note.

Écrit par : Patricia | 16/06/2011

Pascal tu sais bien que l'impuissance fait peur. L'autre, le "pas malade" en sursis, sait qu'il ne peut rien faire ou presque rien et ça, ça fait peur et je trouve ça "normal", ce que le non malade doit comprendre c'est que dans ce "presque" se cachent des trésors tels que l'empathie, le don de soi, le pardon (à soi-même),la finitude, la fragilité, la vulnérabilité, la conscience de notre interdépendance et tant d'autres encore ...

Écrit par : justmarieD | 16/06/2011

Bon ceci étant dit c quand la prochaine fête qu'on fait?
A boire des grands vins et champagnes, n'est ce pas Marie, et que même aprés on irait se balader sur la plage pour se goinfrer d'iode et d'embruns!!!!!
Bon les filles on arrête la bluesitude vous allez me la refiler, c trop sérieux tout ça , les partis (es) trop tôt et les sur le départ, n'accepterez pas qu'on se morfonde...Alors faisons leur plaisir!

Écrit par : pascal foucher | 16/06/2011

Patricia nous avons répondu en même temps :)

Écrit par : justmarieD | 16/06/2011

Ou peut faire tant. D'ailleurs je crois qu'il ne faut même pas se poser la question. Juste être soi même, face à un ami, à quelqu'un que l'on aime. Avec ses maladresses parfois.

Écrit par : Patricia | 16/06/2011

Moi je veux être là pour la prochaine fête. J'aime les bons vins, le champagne et le bon whisky. Les balades sur la plage. Les bonnes choses. ça tombe bien :))
Je vous embrasse fort

Écrit par : Patricia | 16/06/2011

Salut ... qui a été trucs formidables .. J'aime vraiment ce sujet. Pourriez-vous m'en dire plus ... j'aimerais explorer.

Écrit par : car for sale | 25/02/2012

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