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04/02/2010

Ma vie en éclats

J’aime parler avec Marie. Marie, mon amie, ma meilleure amie. J’aime partager, échanger. Nous allons au bout de nos « profondeurs » me semble t-il. Nous nous disons les choses avec franchise, avec simplicité et complicité. Rien ne me gêne dans les propos de ma douce Amie. Quoiqu’elle dise. Parce que je sais que l’amour est là, sincère, qu’elle ne voit que mon bien être, mon bonheur. Sans faux semblants. Tout comme, je lui ai parlé sans faux semblants à un moment donné de sa vie. L’échange. Avec Marie, je fais le point sur ma vie. Nous faisons le point sur nos vies. Ma vie en éclats. Ma vie qui, en deux ans, a explosé. De 3 en 3, nous sommes passés à 3 en 2. Je suis à présent 2 en 1. Et 1 en 1 quand je me sens seule. Seule sur terre. Connaissez -vous cette sensation d’être seule sur terre ? Plus d’enfant ici bas, aucun petit enfant à l’horizon, c’est impossible. Une vie incertaine. La sensation d’être seule, seule, seule sur terr e. Et pour la première fois de ma vie, je pense avec profondeur, à toutes ces femmes sans enfants, par choix ou du fait des circonstances de la vie. Je ne les plains pas. Je pense à elles. Ont-elles cette sensation désagréable d’être seule sur terre ? Ma vie en éclats. Je suis passée du bonheur serein à l’effroyable douleur, ce fameux dimanche 24 février 2008 au matin. Puis j’ai voyagé sur cette route chaotique, entre panique, idées noires, envies, abandons, désespoir, renaissance, peur, euphorie, bienveillance, intolérance. Qui peut comprendre ce mélange de sentiments et d’émotions ? Tout coule…Isa, une amie chère à mon cœur comprendra. Oui tout coulait, la bienveillance, l’impression que Fiona m’avait laissée sa sagesse. Mais quelques 23 mois plus tard, je me rends compte que non. Je n’ai pas sa sagesse et je ne l’aurai jamais. Les personnes qui se regardent le nombril me gênent, les égoïstes, les sans cœurs, les hypocrites. Serais-je redevenue la révoltée de mes 16 ans ? Deviendrais je aigrie et en colère ? Vous allez peut être pouvoir me répondre. Je ne crois pas mais…j’ai des doutes sur moi. Je culpabilise chaque jour qui passe d’avantage de certains jours d’impatience, d’énervement, de ras le bol ressentis à l’égard de Fiona de son vivant. Je culpabilise et j’ai mal. Je ne m’en sors pas. J’ai mal, de lui avoir fait mal involontairement par manque de patience, par fatigue, de l’avoir pleurer. Waouh, quelle mère indigne…avec tant d’amour pourtant. Je la revois partir chez son père ce samedi matin, la moue de travers, les larmes au coin des yeux. Et sitôt partie, elle me manquait terriblement. Elle était l’oxygène de ma vie, ma raison d’être, mon moteur. Mais je me disais « un week-end sans la porter, sans me faire mal au dos, à me reposer ». Un week-end pour nous. Je ne savais pas que cette moue de travers serait la dernière… Ma vie en éclats. Un 12 février 2009, j’ai cédé à la tentation de tout laisser éclater. De fuir ma douleur, de partir vivre ailleurs, de me laisser emporter par d’autres émotions, par une autre vie. Fuir…De là, ma vie a éclaté. J’ai vendu ma maison, j’ai construit mon projet, je me suis installée ailleurs, j’ai rencontré un autre homme, puis Guillaume et j’ai rencontré d’autres amis. J’ai détruit mon passé et essayé de construire un présent et envisager un avenir. Mais où en suis-je par rapport à mon effroyable douleur ? Je n’ai pas avancé tant que ça. Je me suis laissée bercer par des illusions, j’ai fermé les yeux, essayé d’oublier, de modifier le cours de ma vie. Mais la vie est là, ma vie est là. Seule sur terre. Et rien n’a changé. Le départ de Jules m’a traumatisée. Il a fait ressurgir en moi des douleurs enfouies. Je revois le sourire de Jules quand il fonçait perché sur sa flèche. Je revois son rire. Je revois sa mimique. Et je revois le bonheur d’Isa et Fred. J’ai mal pour eux. Je revois Jules comme je revois Fiona. Ma vie en éclats. Où vais-je ? Je ne le sais toujours pas. J’ai encore du mal à trouver le courage, à trouver la force nécessaire.

Commentaires

que dire après avoir lu ta vie en éclats, vos vies en éclats, j en ai les larmes qui coulent, car comme je le disais sur notre petit coin entre filles, je ne peux pas savoir ce que vous ressentez, mais à te lire, à vous lire, je ressent ce vide, ce manque, mais surtout ne culpabilisez pas les filles, car nous avons toutes pensée ou dit il nous faut du repos, ou alors j en ai marre, d avoir des moments où on ne supporte plus nos enfants et ceci pour tout les enfants, c est légitime et c est humain
tout ce que je peux vous dire c est que je suis de tout coeur avec vous et qu il n y a pas un jour ou une nuit où je ne pense pas à vous, et que moi je n ai pas eu la chance de rencontrer mon ptit Jules, mais cela faisait tellement d années que je l ai vu grandir à travers le net, qu il faisait parti de ma vie, d ailleurs il fait toujours partie de ma vie, et je garderais en moi son sourire qui me réchauffe le coeur
bisousssssssss

Écrit par : Mireille | 04/02/2010

pff ! quel texte émouvant, prenant , et si vrai , si facile à imaginer notre vie sans eux.... moi rémi est là, mais moi aussi combien de fois lui ai je dis d'attendre , lui ai je dis que j'étais fatiguée, que j'avais mal au dos, qu'il fallait qu'il me laisse dormir la nuit ou même à l'aube.... toutes mamans a connu et connaitra cela.... le manque, le sentiment d'être seule sur terre, pff ! ça me prend aux tripes ça, j'ai connu oui j'ai connu à la naissance de pilou , ce vide, ce trou noir, cette envie de fuir, cette envie de tout plaquer dans les moments les plus bas, le ras le bol, l'incertitude de notre future vie, l'abandon de tout nos projets , puis un jour j'ai vu une éclaircie, une petite éclaircie et si le bonheur était devant mes yeux et que je le voyais pas ...et voilà mes amies ne sont jamais venus, n'avaient plus le temps, la famille s'est éloignée, préférant nous laisser tranquille, oui seule au monde c'est horrible ce sentiment , c'est opressant et si violent...
je suis de tout coeur avec vous patricia et isa, je suis à un tournant moi aussi de ma vie, ou j'ai pris certaines décisions, ou j'ai décidé de vivre des choses malgré tout avec rémi, on verra demain de quoi il sera fait pour l'instant je profite du moment présent , on est si peu de chose sur terre, cessons de nous prendre la tête je me dis souvent, mais je pense bien que c'est vrai...
mille bisous à toi et isa,
merçi pour ce partage...
val et sa famille

Écrit par : val | 04/02/2010

Que dire après ce que tu exprimes avec tant de justesse, tant de violence dans ce long texte, comme un cri sans virgule ni point, sans respiration à l'image de ces deux années écoulées charriant plus de boues que de joies. Que dire, que tous les coeurs de mères hurlent devant le tableau de ce qui, sans doute, les effraye le plus et pour cause, seule au monde, seule au monde, un cri comme un écho à la déchirure que tu nous livres, presque intacte. Ta vie en éclats et ceux qui sont là pour toi, avec toi, à tes côtés, bien impuissants. Etre là, comme tu l'as été pour moi devant ma petite montagne, quand tu dois escalader toi l'Everest à mains et coeur nus, le pourrais-je ? J'essayerai en tout cas, de tout mon coeur, à chaque instant même si parfois le vertige est là et que le sol semble vouloir se dérober dans un flot de questions, de doutes, de peurs. J'essayerai.

Et c'est encore toi qui te soucies des autres, de toutes celles qui n'ont plus ou pas la joie de pouvoir serrer un enfant sur leur coeur. Je te reconnais bien là, cette ouverture, cette générosité qui ne souffre peut-être que de ne pas pouvoir couler à flots d'amour. Alors où que tu ailles, je serai là parce que Patounette je t'aime dans tous tes états. Et puis qui peut prétendre qu'il sait où il va ?

Hâte d'être à demain et te donner deux gros bisous en vrai ...

Écrit par : justmarieD | 04/02/2010

Tu ne peux pas savoir à quel point je suis à chacun de tes écrits, bouleversée par tes paroles qui résonnent très fortement au fond de moi, car en tant que mère, sans pouvoir ressentir ce que tu ressens, je peux imaginer cette douleur déchirante qui s'accroche à toi. Comme Mireille, j'ai les larmes qui coulent...
Oui je pense que Fiona t'a laissé de sa sagesse. L'attention que tu portes aux autres en est un exemple. Mais si Fiona était comme elle était, c'est grâce à l'amour qu'elle a eu de toi et de Pierre. Vous avez su la rendre heureuse et épanouie malgré ses douleurs. Et si tu as eu quelques moments d'impatience, Fiona a eu les siens et on les a tous...
La vie que tu as suivie depuis le départ de Fiona, est celle que tu ressentais devoir vivre pour mieux continuer... des besoins de changement, des nécessités de projets... mais peut être as-tu besoin maintenant de te poser pour aller mieux ?!
Je comprends ton sentiment de solitude même si tu sais que tu es loin d'être seule... rien qu'à regarder tous ceux qui autour de toi te chérissent.
Je t'aime petite soeur.
Joëlle

Écrit par : Joëlle | 04/02/2010

je suis triste patricia je suis touchée par tous ces ecrits ces verités ces cris, je pense beaucoup à toi et espere que tu pourras un jour moins soufffrir de ce manque atroce que t'as laissé ta fille ton enfant je te bises

Écrit par : nathalie | 04/02/2010

Et oui, notre corps est comme un instrument de musique qu'il faut savoir accorder pour bien jouer la vie. Pour apprendre à « négocier la Voie », dit-on dans le zen…Mais quelle voie doit-on emprunter quand on ne sait pas où l’on veut aller. Quel sens peut-on donner à notre vie quand un jour tout a chaviré. Je crois qu’il fallait absolument que tu vives ces étapes. D’empiler projet sur projet te permet, si ce n’est de « trouver la voie », d’apaiser l’espace d’un instant tes tourments. Mais comme une « fuite », sur ce chemin chaotique, la douleur loin de s’apaiser te fait remarquer comme la colère ou la culpabilité, que l’amour subsiste que par la force d’expansion et de contradiction qu’est notre vie. La vie que l’on veut bien se donner et vivre. Cette volonté de vivre qui, de plus en plus aigrie par la souffrance perpétuelle de notre existence, loin d’apaiser nos propres tourments pourtant la ravive. Pour te répondre tu n’es pas aigrie et en colère, tu es juste perdu. Comme nous tous chers parents, qui avons perdu un jour un enfant. Je t’embrasse affectueusement. Pierre.

Écrit par : Pierre | 04/02/2010

Patricia,
Tu me connais, j'ai du mal à lire les notes en entier mais ta note m'a appelé à écrire trois mots, d'abord Dame Marie qui représente beaucoup pour moi, ta note me parle car ma vie est aussi en éclats et je suis perdue même si j'essaye de garder la tête haute, je ne sais pas par quel bout recommencer même si j'ai un autre homme dans ma vie.
J'ai un vide, un drôle de vide et je suis incapable de dire pourquoi j'ai ce vide qui prends trop de place;

Tu vois, ta note me fait prendre du recul, quand on bosse et qu'on vit trop vite, on oublie ce recul ou alors on se voile la face, on se cache;

Je crois que je me voile la face en ce moment

Amitiés

Alix

Écrit par : ALIX | 04/02/2010

pauvre patricia, comme ce vide est profond!!!!!
ne regrettes rien surtout, et c 'est moi naik qui au derniers jours de denis n 'ai peut être pas été totalement ce qu'il attendait,ayant l 'hopital à la maison avec mon mari. je ne veux plus me dire ah!!! si seulement.... non je veux avancer dans la lumière, avec souvent de gros nuages d'ou tombe la pluie ou l 'orage gronde, mais denis est en paix.on n 'enlevera pas la douleur la souffrance le manque,mais on se doit d e tenir allumée une petite flamme de lumière.grâce a Marie cette petite lumière à pu s 'allumer,
merci marie
je vous embrasse toi, marie et isa.....naik

Écrit par : naik | 04/02/2010

Oui, le vide est là...
Et rien ne le comblera...
Il faut "simplement" (et c'est loin d'être simple...) apprendre à vivre "avec" ce "sans"...
Je comprends tellement ta sensation de "vie en éclats"...
Et je sais qu'il te faudra du temps, beaucoup de temps pour te "reconstruire", ramasser tous les morceaux de toi pour arriver à devenir cette "autre" qui est toi, sans être vraiment toi...
Rien ne sera jamais plus comme "avant",
mais "l'après" peut aussi être riche !
Il te reste tant et tant de belles choses à vivre,
même si aujourd'hui tu te sens complètement "à l'ouest" !

Tu VIS !

Et ce que tu as vécu te permet d'être proche des souffrants,
de leur apporter du réconfort,
de leur insuffler un peu de ce courage qui te manque pourtant si souvent...

J'ai foi en toi Patoune : tu es formidable,
Et Fiona est fière de toi !

Aujourd'hui, c'est dur d'avancer,
mais demain tu feras un pas,
puis un autre pas,
et en te retournant, tu verras que tu as fait un long parcours !

Je t'aime fort fort, Patounette !
Et même si toute la tendresse du monde ne peut rien pour te "porter", je t'envoie quand même la mienne !
Avec toute mon amitié !

Écrit par : Danny | 05/02/2010

Petite sœur, petite sœur de mes joies, petite sœur de mes douleurs, petite sœur de cœur avec qui j'ai tellement partagé depuis des années jusqu'à cette douleur horrible et sans nom de la perte de son enfant.
Lorsque Fiona est partie j'ai été meurtrie , je n'y croyais pas, j'avais si mal de son départ, j'ai partagé avec toi tes craintes et tes doutes, aujourd'hui c'est à mon tour d'avoir tellement besoin de toi à mes cotés.La vie est étrange , comme je te le dis toujours étrange parce que je ne trouve plus les mots depuis ce 15 janvier, parce que j'avais déjà du mal à les trouver depuis ce 24 Février.
Je suis la, je le serais toujours même si tu partais au bout du monde crois moi notre amitié est tellement forte et indestructible qu'il ne peut en être autrement.
Patounette donne moi tes dates pour un week end même Fred demande à te voir, il a besoin de te parler du Père Brune !!
Je t'aime petite sœur, je t'aime pour cette vie et celle d'après !!

Écrit par : Isa | 05/02/2010

patricia, mon amie
dans la tourmente de ta douleur, je te prends dans mes bras et je te serres trés fort, je t'embrasse et je te dis , de tout mon coeur tiens bon!
bout de femme bien debout mais qui a le droit de s'écrouler et de poser, des questions existencielles, de te resituer dans un espace temps, dans un nouveau univers que tu tentes de re- créer , que tu as fabriqué pour retrouver gout à la vie et pour te reconcilier avec un bonheur!!! avec la vie tout bonnement.
le bonheur n'est -t-il pas lui, que sa propre construction mais pas un aboutissement absolu.
vies , respire avec ceux qui sont là et qui t'apportent des instants de joie, ils ne panseront pas ta douleur mais ils seront là pour te donner un sourir.
Fiona est tatouée à jamais dans ton coeur de mère aimante.
et nous dans une une grande discértion nous t'aimons trés fort.

Écrit par : nadia | 05/02/2010

Quel vertige devant le courage de comprendre une grande inquiétude alliant une grande sensibilité à une audace folle jusqu'à prendre en soi la misère de l'autre. Il reste cette satanée tristesse à dompter, se sentir envahir par sa propre tristesse en constatant que de jour en jour l'on devient comme inutile et porter son fardeau dans le fardeau de l'autre. La souffrance n'est pas un défaut ni même une déformation de l'âme et qui peut dire qu'il a été touché par les supplications ou l'indifférence ? L'absence nous chéri, d'épreuves, de crises, de persécutions et même de vices et ton enfant Fiona ne t'abandonne pas, elle continue à te guider à travers les grandes institutions de ton âme, grâce aussi à tous les témoignages comme celui de ton amie sœur Isa et son Tit Jules et bien d'autres encore. Survivre à ceux qui s'universalisent exige courage et persévérance, la beauté de la mémoire entrepose le chagrin et son côté volumineux exerce un effet hypnotique sur la pensée, il oblige les larmes à se solidifier dans les déformations de notre entendement. Moi même qui a tout perdu dès ma naissance, qui a subi les pires épreuves et continue à souffrir, connait la résonance de la mémoire tiraillée. Je sais que tu trouveras la paix ma chère Patounette, mais pour toi il te faut rédiger, de la précision et du respect.

Je t'embraze et porte toi bien ...


Pat ♫♫♫♥♥♥

Écrit par : Pat ♫♫♫♥♥♥ | 07/02/2010

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