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13/12/2009

Le film de son départ

Hier soir, je me suis couchée pleine de Fiona, de son odeur, des moments forts vécus avec elle.
Je me suis couchée, je me sentais triste, malheureuse de ne plus l'avoir près de moi, perdue de ne plus la toucher.

photo fiona - Gargilesse.jpg
Fiona a 11 ans

Hier soir, je me suis couchée et j'ai pensé.

Je me suis repassé le film de son départ, tout se bousculait dans ma tête, de bien tristes pensées qui me rendaient prisonnière de mon angoisse grandissante.

Le bruit du défibrilateur. Son corps étendu sur le sol de la chambre chez son père, son body découpé, les pompiers et le SAMU autour d'elle, sa tête penchée sur le côté, sa petite bouche entrouverte laissant sortir le tube d'intubation, sa peau transparente, ses yeux à moitié fermés...

Son corps protégé par ce drap d'aluminium, le brancard dans les escaliers, la sirène du Samu entendu maintes fois auparavant lors d'hospitalisations d'urgence.

Garches, l'attente, le bureau avec le Docteur Rubinstein et l'infirmier des dons d'organes.

Nos visages défaits dans la salle d'attente. Ma famille réunie, cop's Michèle. Les larmes.

Son corps étendu en salle de réa à Garches, le même lit où elle s'était si souvent retrouvée auparavant.

Ses yeux scotchés. Et ses deux larmes qui coulent quand Pierre et moi nous lui tenons la main.

Son départ de Garches pour l'hôpital de Versailles en vue du don d'organes, branchée de tous les côtés. La famille autour du brancard dans le couloir, la caressant au passage. Son Ben posé sur elle.

Le prêtre indélicat pour son baptême de dernière minute, impatient car trop pressé. Pierre et moi, dans un cauchemar irréel, pensant que nous allions enfin nous réveiller.

L'attente interminable, interminable, Fiona respirant artificiellement, toujours branchée de tous les côtés. Je voulais que tout cesse, que l'acharnement cesse, qu'ils arrêtent de la piquer et de lui injecter des antibiotiques et toutes sortes de médicaments pour maintenir ses organes en vie. Elle, mon enfant, ma fille, mon Amour n'était plus en vie. Et pourtant elle respirait. L'attente interminable jusqu'aux alentours de minuit, où les receveurs avaient enfin été choisis.

J'ai du lâcher sa petite main pour laisser partir le brancard en salle d'intervention.

Son corps étendu sous un drap blanc. Un brancard dans la morgue. Comme dans les films.

Et son retour à la maison, dans un sac hermétique. Ses soins, l'habillage. Qu'allons-nous lui mettre ? Ses hanches avaient légèrement élargi. Je ne sais pas pourquoi. Qu'avaient ils mit à la place de ses reins prélevés ? Je ne sais pas.

Nous sommes restés près d'elle cinq jours. Elle était libre, sans aucune machine, dans un autre monde inconnu. Plus aucun souffle ne sortait de sa bouche. Sa beauté était intacte.

Nous l'avons veillée ainsi cinq jours. Je ne voulais plus la quitter. Plus jamais. C'était impossible que la cruauté de la vie me l'enlève. Que je sois obligée de lui lâcher définitivement la main.

Je me repasse le film de son départ. Une douleur incommensurable qui jamais ne s'effacera totalement.

Tu me manques ma Nénette et même si je te sens, même si  je sais que tu es là, près de moi, même si je sais que notre Amour est éternel, même si le bonheur est en moi parfois, tu me manques ...

17:52 Publié dans Tristesse | Tags : douleur, main, nénette | Lien permanent | Commentaires (10)

Commentaires

J'ai reçu ton cadeau aujourd'hui, j'ai pu l'ouvrir ce soir (nous avions du monde à la maison). Je te remercie du plus profond de mon coeur, ce lien qui nous unit rien ne pourra le rompre, il est lumière. Je t'embrasse si fort.

Les larmes coulent et le coeur se serre à la lecture de ce film, ces images à jamais gravées en toi, en nous. Je t'envoie des milliers de pensées.

Écrit par : justmarieD | 13/12/2009

Non rien ne pourra le rompre.
Merci ma belle, pour ce que tu es, pour ce que tu m'as appris, pour ce que tu me donnes et pour ce que tu donnes à tous.

Écrit par : Patricia | 13/12/2009

je pleure en lisant tout ce que tu as pu vivr et ce que tu vis encore j'apprehende ce moment là car il a failli être là. je fais des cauchemars toutes les nuits. perdre son enfant est à jamais que souffrance et horreur. je ne sais quoi te dire à part que je pense bien à toi courage patricia je t'embrasse

Écrit par : nathalie | 14/12/2009

je suis sans mot; juste ma présence pleine de tendresse et de larmes;il y a 3 ans tout juste Denis partait.
je t 'embrasse naik

Écrit par : naik | 14/12/2009

La mort est le manteau de la suffisance, il demande à cette heure du passage en l'autre monde à être déchiré pour laisser passer le souffle de vie à venir à l'éternité. Ce manteau est si lourd à porter que nous avons peine à l'urgente nécessité, à la prière précise qui vient consolider nos harmonies et nos vibrations et pourtant dès l'origine nous sommes rompus à ce concept. Nous éprouvons tous de la difficulté face au manque d'explication, nous éprouvons le besoin de faire une halte sur le versant de la colline. Il ne suffit pas de savoir, il faut savoir se taire pour ne pas dissimuler, mais aller à l'essentiel en évitant la négation de la mort en certaines âme qui pourraient encore être effrayées ! Nous autres avec nos écritudes sommes des passeurs d'âmes ...

Je t'embraze ma chère Patounette, et content que tu poursuives ton chemin ainsi ( lu chez Alix ) ...

Pat ♫♫♫♥♥♥

Écrit par : Pat ♫♫♫♥♥♥ | 16/12/2009

bisous, patoune,juste pour te dire que je suis là, que fiona est là avec nous. pourquoi la photo est elle en noir et blanc?

Écrit par : marie-no | 16/12/2009

Bonsoir mon amie !

Quel déchirement de lire cette note, je pense à Fiona tous les jours et je la prie tous les soirs, elle est là et nous envoie des signes si souvent... J'aimerai revenir en arrière et ne jamais recevoir ce coup de téléphone ce dimanche matin ou tes sanglots couvraient le son de ta voix, je me souviens de cette phrase que tu m'a dite "Prie Michèle pour que Fiona s'en sorte" Je me souviens du trajet pour Garche qui me semblait interminable, je me souviens de toi et de Pierre assis sur le banc le reard vide,puis tu m'as regardé et tu m'as dis "c'est fini encephalogrammme plat" j'ai cru que la terre s'effondrait sous mes pieds, comme tu le décris si bien ce fut un cauchemard, et toutes ces questions qui s'entrechoque dans ma tête, cette colère et toujours une pointe d'espoir que Fio se réveille.

Mais surtout je me souviens d'elle dans son lit, son petit corps qui avait fait le don de soi pour sauver deux vies et nos vies qui allaient changées à tout jamais...

Je voulais que tu saches que je n'ai jamais vu une preuve d'amour aussi grande, tu as veillé sur ton enfant jour et nuit pendant cinq jours, cinq jours si longs et si courts...
Ne fermez pas le cercueil non pas maintenant pas tout de suite...

Alors oui tu es maman formidable et Fiona était, est et sera toujours une sainte pour moi...
Je pense à toi et plein de courage en cette période...
Je t'embrasse fort

Cop's Michèle

Écrit par : tata cop's Michèle | 23/12/2009

Etrange mois de décembre: ce film du départ de Fiona, de son envol vers..... Seule une maman peut relater ces temps jadis et la présence dans son coeur pour toujours.

Et il y a quelques jours, l'envol de Elisa, l'une rejoignant l'autre. Restent leurs images, dessins et ce qui était leur moyen d'exprimer leurs idées, réactions de la vie, la leur et des autres.

Que ces blogs demeurent, longtemps encore.

Amitiés Patrica, à toi, ta famille et tant d'amis.

Walter

Écrit par : W.Salens | 25/12/2009

je laisse
tomber une rose qui s'en va...au fil de l'eau..comme ta présence au fil de
mes
pensées..
sur le rivage , je reste debout à l'endroit..ou j'avais démélé ta
belle chevelure..
qui tombait en cascade sur tes épaules..et sur ma main tremblante..comme
la cascade de mes regrets..

je découvre ce blog dont le contenu a conquis mon émotion.
je vous offre ma main dans le silence de mes mots..

Écrit par : horizon.lointain | 01/04/2010

Il est impossible de ne pas tomber sous l'influence de ces sentiments que vous ressentez ...

Écrit par : custom essay | 21/04/2011

Les commentaires sont fermés.