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La vie est là

Cette nuit l’angoisse de ton absence définitive s’est installée peu à peu en moi.

Légère sensation désagréable qui débute au plexus, avec des petites étincelles qui montent jusqu’à la gorge.

Puis, elle s’éparpille, s’étale pour s’emparer de chacun de mes organes, jusqu’à mon esprit et mon repos intérieur.

Elle dégouline dans mon corps, se l’approprie en y laissant sa marque.

La lourdeur de la souffrance qu’elle disperse jusque dans les moindres recoins.

Ce poids qui entrave tout bien-être, toute perception du bonheur.

Toujours là, plus ou moins pesant, toujours là à me rappeler l’effroyable.

Je suis impuissante face à une telle adversaire, j’attends, je me sens tellement vulnérable.

J’attends. Je te parle, viens moi en aide.

Et je pense à ces beaux jours qui arrivent et qui n’auront plus jamais le goût d’avant.

Je vois ton visage d’adolescente que je ne connaîtrais jamais autrement.

Je vois ton sourire, si tendre, si vrai, dénué de tout intérêt.

Je sens ta petite main se poser sur ma peau.

Ce ne sont que des perceptions, des images irréelles…

Plus rien n’est réel.

De mes jours, à mes mois, à mes années, de la vie qui est mienne  au monde qui m’entoure.

Plus rien n’est réel.

Le film se poursuit malgré l’image principale restée figée à jamais.

Les sons grésillent et se transforment au gré de ma mémoire.

Et elle est là, en moi, cette angoisse qui me réveille. Qui me rappelle l’horreur inattendue.

Tu n’as fait qu’une courte apparition. Juste un aller retour le cœur plein d’un trésor inouï.

Trésor que tu as distribué autour de toi, sans compter, jusqu’à oublier tes propres souffrances.

Nous rassurer, nous apprendre, nous aimer.

L’angoisse poursuit sa route interminable, elle m’enveloppe, me serre, m’étouffe.

J’ai peur, si peur de vivre sans toi. Petit bout de femme. Mon petit bout de femme.

Je ne suis qu’une masse de frayeur posée sur le lit.

Un esprit malade dans un corps habité.

Viens moi en aide.

Envoie moi ce sourire plein de vie.

Pose ta main sur mon épaule, réveille moi.

Réveille moi.

La vie est là, je le sais.

 

 

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Commentaires

  • MA chère PAtricia,
    Tes mots me bouleversent et je t'admire, toi qui sait déposer tes émotions. Je suis sure que Fiona est là, quelque part, près de toi et te soutiens. Malgré l'absence, c'est encore grace à elle que tu avances.
    Oui, la vie est là et parce que nos filles se sont battues, nous trouvons en nous malgré tout la force d'aller de l'avant. Elles dispensent encore autour d'elle toutes leur générosité, leur courage. La vie est belle malgré tout parce que nous l'avons partagé avec elles ....
    Je t'embrasse tendrement.... (je n'oublie pas Pierre ....)

  • Fiona est là, elle veille sur toi et Pierre, c'est évident, elle vit en vous, avec vous, à jamais.
    Combien je comprends ta souffrance, même si je ne la vis pas, et combien je suis impuissante à te consoler, mais je suis près de vous en pensée, vraiment.
    je vous embrasse très fort

  • Cependant le monde de nos disparus ne nous abandonne pas. Ils nous rendent visite même quand nous nous y attendons le moins et nous avons le pouvoir de nous projeter, de nous établir en eux, avec nos pensées dans leur mémoire. Nous avons le pouvoir de les conserver éternellement en nous puisqu'ils étaient déjà depuis toute éternité dans la pensé du Créateur.

    Je t'embrase ma Patounette ...

    Pat ♫♫♫♥♥♥

  • bonjour,
    il n'y comme maman qui peut ressentir ses émotions, votre fille vous manque et rien dans ce monde ne pourra la remplacer dans votre coeur et votre esprit.

    Paola

  • La vie est là ma Patounette, la vie est une immortelle, elle se transmet, Fiona a permis à deux autres personnes de vivre encore et elle a appris à beaucoup de personnes de savoir apprecier chaque seconde de vie même les plus difficiles. Il y beaucoup de formes de vie, souffrir c'est vivre, tu es en vie ma Patricia, pétrifiée d'angoisse mais en vie. Je suis là pour toi ...

  • Patoune, je suis près de toi, de pierre, de tout mon coeur. à bientôt,dès que vous avez le temps; bisous marie-no

  • Merci pour vos messages.
    Oui je suis en vie. Oui je le sens. Mais mal en vie. J'attends je ne sais quoi, je ne sais qui, le truc qui ne viendra certainement jamais pour me sortir de ce truc effroyable dans le quel je m'enfonce peu à peu, en sortant la tête de temps en temps, et en redescendant toujours un peu plus bas.

    Flo, je pose mes émotions, oui. Et je me demande bien où je serais si je ne le faisais pas. Je t'admire toi qui a parlé de ta douleur avec tant de pudeur et a gardé au fond de toi l'essentiel, certainement pour protéger les tiens.
    J'essaye de me rappeler comment tu te sentais au bout de 14 mois...Je relis tes messages d'alors, comme un espoir sur le bien être.

    Je vous embrasse tous.

  • Que dire ma Patounette devant autant d'amour, tellement de douleur, personne ne peut rien faire .....c'est ca le pire pour moi l'impuissance de pouvoir t'appaiser cette douleur est tienne et je n'ose l'imaginer, non je me défile pas mais je la fuie......j'ai si peur.......
    Je te serre fort sur mon coeur en attendant dimanche.

  • Je suis toujours très bouleversée quand je lis le ressenti de ta douleur que tu expliques si bien. J'ai toujours la gorge qui se serre et les larmes qui me viennent aux yeux. ça me fait tellement de peine de te voir et de sentir souffrir.

    Je te fais de grosses bises pleines de tendresse, soeurette.

    Jojo

  • Aujourd'hui je ne me sens pas mieux que le jour où j'ai écrit cette note.
    J'aimerais tant qu'une baguette magique me sorte de là, nous sorte de là.
    Mais bon, la vie a ses réalités que nous sommes contraints d'affronter.

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