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11/04/2009

L'amour d'une mère


Découvrez Florent Pagny!


(Un chanteur que Fio aimait beaucoup, une belle chanson)

Aujourd'hui le soleil ne brille pas ici.
Aujourd'hui, le ciel est gris, il pleut, le vent souffle, il fait frais.
Nous devions passer la journée à Avignon mais le temps n'est pas engageant. J'en profite pour prendre mon temps...(note de Marie), penser, écrire.

Ce matin, je me suis réveillée avec la panique au ventre quand je me suis rappelée que Fiona n'était plus là.
Oui ça m'arrive encore très souvent d'ouvrir un oeil le matin, de penser à ma nénette avec tout l'amour d'une mère et de subitement me rappeler qu'elle est partie il y a plus d'un an.

L'amour.
Vous savez cet amour si particulier, celui qui vous remplit le coeur, celui qui vous montre à quel point la vie est belle, celui qui vous fait pousser des ailes. Cet amour protecteur qui vous rend si fort pour votre enfant et qui parfois vous fait si mal quand vous lisez dans ses yeux la souffrance. Cet amour indestructible qui traverse le temps, l'espace, qui n'a aucune limite.
Parfois, au travers de ses yeux couleur noisette, je sentais cette intensité que je n'ai jamais ressentie autrement qu'à travers elle. Cet amour immense. Et je me sentais alors transportée par cet élan d'amour immesurable. L'envie de la serrer. Je la prenais dans mes bras, je la serrais en lui disant des « je t'aime » et des « je t'aime si fort ». Elle souriait et finissait toujours par laisser s’échapper son petit fou rire en cascade. Elle adorait les élans du cœur, les mots d’amour, les gestes de tendresse. C’est marrant comme tout son entourage lui disait « je t’aime » avant tant de facilité. Mot encore si tabou pourtant dans les relations humaines.

Cet amour de mère, je l’ai vécu avec tant de force.
Et si fâcherie il y avait, je me sentais pleine de culpabilité et de tristesse.
Parfois, Fiona arrivait au centre en pleurs et disait à sa cop’s Michèle « je n’aime pas être fâchée avec maman ». Parce que la préparation du matin s’était faite dans la rapidité et le coiffage s’était mal terminé…

L’amour d’une mère, c’est aussi la peur de la séparation, la peur que son enfant parte, un jour comme ça, sans prévenir. Toutes les mamans « différentes » (…) connaissent ce sentiment impuissant que l’on essaye de combattre en ne pensant qu’aux moments présents.
Fiona avait peur de mourir. Très peur. Et sa peur que je meure était aussi grande. Elle en parlait avec Julie, son éducatrice. Elle disait « mon bien fait son chemin ».
Son bien, c’était l’éventualité d’une trachéo, je crois.
Un jour alors que j’étais à Lyon pour un salon elle lui avait dit que « j’étais partie au mauvais moment, qu’elle avait besoin de moi. »
Elle a passé une période avec cette peur au ventre. Sa peur me hantait, j’essayais de trouver les mots pour la rassurer, la réconforter. Je minimisais ses problèmes respiratoires pour la protéger. Je lui ai menti.

Cet amour je l’ai toujours en moi. Avec la même intensité, avec des élans incroyables quand je me noie dans mes pensées. J’ai ce désir si fort de la prendre dans mes bras et de l’embrasser. Toucher sa peau si douce. Lui caresser ses belles boucles. Sentir son souffle contre ma peau.

Commentaires

La vie passe ainsi. Ça ne devrait pas nous surprendre la mort. Nous continuons à travailler, à nous promener, à écouter jusqu'au soir où nous apprenons que la mort va venir nous visiter. La nouvelle nous frappe comme le tonnerre. Les gens tentent de nous consoler, de nous réconforter, on nous parle doucement, si doucement. On nous donne même des conseils, on nous apporte un peu de chaleur, mais nous passons cette nuit affreuse, il le faut. À notre entendement, on ne comprend pas ce qu'est la mort, nous nous imaginons des choses terribles, mais la mort c'est la transmutation vers la lumière, la vraie. Savoir que nous allons être séparés de ceux que nous aimons, pour nombre d'entre nous c'est comme un enlèvement, nous sommes des enfants auxquels on a apprit de se méfier des kidnappeurs, des ravisseurs, et voilà que nous allons être ravit, kidnappés, avec l'accord même de la vie ! Nous sommes des hommes, des êtres vivants, humains et cependant nous sommes encore des enfants, qu'est-ce qu'un hommes se demandait Kipling ! Pourtant notre état de petit enfant nous convenait bien, pourquoi devenir des hommes ? Pour mieux mourir dit l'ange ! Un jour, nous entendons les premiers chagrins, le ciel d'espérance est bleu, il y a la lune pommadée, les nuages pour escorte, et les étoiles pour nous guider, et en fixant cet univers tout au fond de notre nuit, nous connaissons soudain que tout cela s'accorde avec notre souffrance, quand une petite lueur disparaît, c'est pour mieux resplendir dans la vraie lumière, notre véritable patrie, là où il n'y a pas de mort, car la mort n'existe pas pour tous ceux qui croient dans la lumière.

Je vous embrase les enfants ...

Pat ♫♫♫♥♥♥

Écrit par : Pat ♫♫♫♥♥♥ | 11/04/2009

bonsoir
j'ai lu votre commentaire et je pense qu'il ne faut pas penser à la mort car ces sentiments nous rendent tristes.
Maman d'un jeune garcon handicapé qui a failli mourrir, s'est effrayant car on se sent impuissant
continuer à vivre avec les bons et les mauvais moments et surtout continuer à se battre pour soi et les siens

Paola

Écrit par : cornette | 11/04/2009

Bonsoir ma Patricia, je me fais rare mais je pense à vous tous chaque soir, je reçois les news de toi et Pat et aussi Les lettres de Marie;
J'ai lu toute ta note, de A à Z, parole de scout, ta note est pleine de larmes, d'amour charnel, de manque, d'absence, aucune de nos paroles peuvent te réconforter, les réponses sont en toi, toi la Maman de Fiona

Je te prends dans mes bras

Je t'embrasse

Alix

Écrit par : alix | 11/04/2009

Bonjour Paola,
Oui vous avez raison il ne faut jamais penser au pire car d'y penser n'empêche pas la date de sonner.
Profitez au maximum des bons moments !

Alix, tu me vois très heureuse de te retrouver ici. Comme tu le lis, j'ai toujours quelques réminiscences du passé...J'espère que tu vas bien.Je vais aller faire un tour complet des blogs.
Je t'embrasse très fort

Bon dimanche à tous en vous souhaitant plus de soleil que dans le sud !

Écrit par : Patricia | 12/04/2009

Fiona est en vous à vie et après, et pour suivre votre blog depuis des mois, je lis tout cet amour que vous avez pour votre fille partie trop tôt, mais qui vit en vous et Pierre, les mots me manquent pour laisser un message, mais j'ai toujours la gorge serrée en vous lisant, maman je sais cet amour indestructible qui nous lient à nos enfants différents, ce que vous écrivez, combien je le ressens, combien je le vis aussi.
Toutes mes amitiés à vous deux, et mes meilleures pensées à vous trois.

Écrit par : laurence | 12/04/2009

Tu devrais aller lire la dernière note de Christine :http://infiniment.blogspirit.com/archive/2009/03/25/seuls-2-sentiments-originels-la-peur-et-l-amour.html elle y parle de peur, d'amour et de mère.

Je t'embrasse, cette note à la pureté du cristal, on y lit une transparence et une fragilité rares, le plein du vide. Le commentaire d'Alix est très touchant, moi aussi je te prends dans mes bras (même s'ils sont petits !)

Écrit par : justmarieD | 12/04/2009

Laurence merci pour ton message. Il y aurait tant à écrire sur l'amour d'une mère ou l'amour tout court...
Bon we de Pâques avec Maxime.

Marie, un grand merci pour l'info. Je suis allée sur le blog de Chrsitine. J'en suis ressortie regonflée à bloc. Et cette vidéo...je reste bouche bée !!

Bisous à vous 2

Écrit par : Patricia | 12/04/2009

Bonsoir ma cop's,

Tu vois que j'avais raison tu es une super maman !!! Le manque est immense, et le chagrin indescriptible, mais une chose est sure c'est que ton Amour est intact et ça Fiona le ressend et le sais j'en suis sure ! Elle m'a souvent dit que tu étais formidable et qu'elle avait beaucoup de chance...

Plein de gros bisous

Cop's Michèle

Écrit par : celine | 12/04/2009

Patounette c'est une larme au coin de l'oeil que je t'envoie mon message.
Je connais tellement ces sentiments, ces besoins et ces peurs...Ils me hantent tu le sais bien... Et puis je ne ressors pas indemne de la dispariton de Fio, j'ai tellement esperé cette trachéo...enfin je ne vais pas encore me rabacher.Tu n'as pas mentie Patounette ou alors c'etait par amour, tu as voulu proteger Fio et c'est ce que tu as toujours fait très bien.
J'ai hâte de te voir...

Écrit par : Isa | 14/04/2009

D'habitude je trouve toujours les mots, mais chez toi ils ne sortent pas. Ils se mettent en boule et s'entassent au fond de ma gorge. Et pourtant, j'aimerai te dire tant de choses.
Alors juste t'embrasser avec tendresse et t'assurer de ma présence, même muette.

Écrit par : Fanzesca | 15/04/2009

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