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Retour sur le passé

J’ai un ami d’enfance, Vincent.
Ses parents étaient les meilleurs amis de mes parents et voisins de palier dans les années 60.
Il a été quasiment élevé avec moi. Même école primaire, même immeuble, week-end et toutes les vacances d’été ensemble jusqu'à environ 18 ans. Ma mère avait parfois jusqu’à 8 enfants durant les vacances scolaires. Nous louions pendant 2 mois une grande maison dans tous les coins de France.
Petits, nous étions certains que nous nous marierions ensemble.

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(lors d'un sketch)

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(c'est mon père derrière Vincent)

Adolescents, nous partions 1 mois dans un camp sportif du côté de Gap et ensuite 1 mois en Angleterre, chez sa tante.

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Nous avons connu nos premiers premiers flirts, notre première cigarette, nos premières boums ensemble.

Vincent était depuis toujours un peu différent des autres. Il fallait le motiver, le pousser, le bouger. Combien de fois le matin, ai je retardé son réveil de 2 heures, pour lui faire croire qu’il était très tard et largement temps de se lever !!!

Et puis, a été détectée chez Vincent la maladie de Huntington, alors qu’il n’avait que 30 ans. Son père en est décédé il y a environ 20 ans.
L’évolution est lente. Perte d’équilibre, mouvements involontaires, aphasie, problèmes de déglutition. La maladie évolue en 15 – 20 ans vers la totale dépendance, la détérioration intellectuelle et la mort.

Vincent a toujours vécu avec sa maman, Cécile, âgée aujourd’hui de 80 ans.
La dernière fois que je les ai vus, c’était aux 30 et 70 ans de ma jeune sœur et de ma mère, il y a tout juste 9 ans (c’est l’anniversaire de ma maman aujourd’hui…79 ans. Bonne anniversaire maman !).
Vincent était alors encore tout à fait conscient mais sa maladie était déjà bien voyante du fait de ses nombreux mouvements involontaires.

J’ai toujours appelé Cécile régulièrement pour prendre des nouvelles. Au fil de ces dernières années, Vincent est devenu totalement dépendant, ne marchant plus, ne parlant plus, ne mangeant plus que mixé.

L’année dernière, nous nous sommes aperçues avec ma mère, que Cécile était très fatiguée et avaient quelques troubles de la mémoire.

Puis Fiona nous a quittés. Et nous avons été pris par nos soucis.

En fin d’année, j’ai quand même voulu rappeler Cécile. Impossible de la joindre. Une nuit, j’ai eu une mauvaise intuition, une petite voix dans ma tête qui me laissait entendre que c’était plus grave que je pensais. Plus grave que quoi ?

J’ai fini par faire mon enquête. Voisins, caisse de retraite, mairie etc…
Cécile et Vincent ont quitté leur appartement il y a 4 mois sans prévenir les voisins qui les aidaient beaucoup au quotidien. Et j’ai appris par sa caisse de retraite que Cécile avait été mise sous tutelle.
Je n’en sais pas plus. Où sont-ils ? Où est Vincent ? Je ne sais pas.
J’ai écrit à la tutrice (une adresse boite postale) il y a 8 jours. J’attends de ses nouvelles.
J’ai peur qu’elle ne me réponde pas et je n’ai aucun autre moyen de la joindre que cette BP. (Si vous avez une idée de recherche...)
Hier, j’ai entrepris d’essayer de retrouver sa tante Sarah, chez qui nous passions nos vacances en Angleterre. Elle, elle pourrait me renseigner. J’ai ressorti alors d’un carton, tous mes vieux agendas avec les carnets d’adresses à la fin.
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Et je me suis un peu évadée dans ce passé. Des noms dont certains ne me disent rien. Des noms reportés d’années en années sur le carnet suivant. Des noms totalement oubliés malgré le passé commun.

Et puis, dans ce carton j’ai retrouvé mon carnet intime de 78/79. J’avais 15-16 ans.
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Des anecdotes vraiment trop drôles au fil des pages, des coups de gueule, des bêtises et des prénoms, un tas de prénoms de personnes dont certaines que je revois encore 40 ans plus tard.
Bruno et Loïc, respectivement mon amoureux et mon meilleur ami de l’époque, Jean-Marie le confident qui faisait le chemin de l’école avec moi tous les jours, Carole mon amie chanteuse d’Opéra et Brigitte qui est avec le même homme depuis 1978.
Nous sommes toujours les mêmes, quelques années en plus !

Et j’ai lu le récit de mes vacances en camp et en Angleterre avec Vincent. Je lui montais des cabanes avec les filles, comme on dit ou disait avant. Il était timide Vincent.
C’était mignon tout ça et insouciant.

Mais la vie ne reste pas toujours aussi mignonne. Nous le savons tous…

Et vous votre passé, votre lointain passé, vous aimez vous y replonger de temps en temps ?

Commentaires

  • ... mon passé ... un jour de 2000 ... je suis retombé dedans grâce à Internet! Et puis, un soir de janvier 2001, je me le suis en plein visage mais c'est rien de le dire!
    Au bout de .............. 25 ans !!! Quel bonheur de se revoir, que de choses à raconter et nos profs qui nous revoient et qui disent "ah ben vous avez fini par vous marier!!"
    "bah, Non !!" Ca nous a bien fait rire!
    Que de souvenirs!
    Des fous rires ... en classe ... évidemment ....
    Un matin très triste ...

    Pour l'instant je le considère comme le passé ... pas comme le .. lointain passé !

  • Oui ce fameux matin où je venais de perdre mon père . Tu trouvais ça injuste.
    1976 -2001, nous n'avions pas tellement changé en définitive, puisque l'on s'est reconnus immédiatement !!
    Haha !

    Bon allez je m'active car j'ai une visite groupée tout à l'heure. Toute une agence se déplace pour visiter la maison, ils sont 8 ou 9 ! Il faut que je range.

  • Ta note Patoune est belle et attendrissante.
    Elle vous replonge toi et tes amis en arrière.
    Un chamalot fondant sur la langue et un rire sur tous vos visages.
    J'ai une pensée particulière pour Vincent qui malheureusement ne peut pas savourer ces moments.

  • Patricia,

    trés émouvant ton récit,
    je voulais te dire que je pense pouvoir t'aider a retrouver Vincent, il faudrait nous faire aider de Francis, le président de la Fédé ADEPO qui a de nombreux contacts, et nous pourrions lancer un avis de recherche, au sein des établissements, car la maladie a fait de ton amie un "polyhandicapé", et la nous pouvons intervenir puisqu'il y a, comme tu le sais, des ADEPO partout en France

    je t'embrasse bien fort,
    tiens moi au courant

    Christine

  • Tu sais Christine, le mot "polyhandicapé" ne signifie rien pour moi et je trouve qu'on l'utilise à toutes les sauces bien souvent à tort.
    Vincent est atteint d'une maladie bien spécifique et malgré ses déficiences n'est pas un homme polyhandicapé. C'est une personne malade avec des symptomes multiples qui résultent de cette maladie.
    Les personnes âgées atteinte de la maladie d'alzheimer ne sont pas polyhandicapées...
    Excuse moi de réagir ainsi, peut être vivement, ce n'est pas après toi mais après cette "case polyhandicapée" où l'on fourre tout et n'importe quoi !
    ça arrange bien tout le monde...
    Je m'étais renseignée il y a quelques années pour que Vincent intègre une MAS à défaut d'autres choses et ce afin de soulager sa maman. Mais sa pathologie ne cadre pas avec ce genre d'établissement. De plus, difficile de séparer la maman et le fils après 40 ans de vie commune. J'avais étudié la possibilité qu'ils aillent dans un établissement où les parents vieillissants vivent avec leur enfant adulté handicapé. Il y en a très très peu en France et ça n'a pas pu se faire. Moi je crains que Vincent soit dans une maison de retraite malgré son jeune âge (44 ans) mais s'il est avec sa mère, c'est un moindre mal. Ou pire qu'il soit dans un service spécialisé d'un hôpital...

  • N e t'inquiète pas Patricia, j'ai peut-être effectivement employé le mauvais mots, il me colle tant a la peau que tu vois j'en arrive a faire des bourdes, mais je sais bien que tu ne réagit pas contre moi,
    j'espére ne pas t'avoir bléssée car ce n'est certainement pas mon intention,
    mais je te le redis, si je peux te venir en aide, surtout dis le, je vais avoir prochainement mes entrées a la MDPH de Tours qui sait avec une bonne étoile .....

    amicalement
    Christine

  • souvenir ... Extrait du bulletin de note du 3e trimestre classe de 5e ...1975/1976 ...
    je site " ... passe plus de temps à discuter avec sa camarade qu'à écouter ses professeurs, le passage en 4e se fait devant et non derrière!" Signé M Guégan.

    En ce temps là, les profs avaient du 'humour ... pas forcément ... les parents LOL

  • Non mais ce n'est pas grave Christine et il m'en faut beaucoup plus plus pour me blesser, tu imagines bien.
    Ce n'est qu'un mot mais qui a toute son importance.
    Je t'embrasse

  • Je n'ai pas trouvé mon bulletin des 2 derniers trimestres. ma mère a du les jeter ! Non je rigole.
    Mais sur les 2 premiers, c'est le même genre que toi "ne fait que s"amuser et bavarder pendant les cours".
    J'avais même eu un avertissement au 1er trimestre. Je ne m'en rappelais plus.
    Pourtant j'ai le souvenir que j'étais très timide et pas si bavarde que ça. Ils ont du se tromper d'élève pendant ma scolarité..:)

    En tout cas en relisant mes carnets de note, je comprends ma mère...

  • ta mémoire doit avoir des failles ... car la mienne se souvient d'une jeune fille plutôt bavarde et pas si timide que cela .. sauf peut être avec les garçons ... il fallait aller porter tes messages ...

    Pour ce qui des carnets : ma mère a eu le malleur de raconter mes exploits aux garçons!!! Quelle erreur!!!

    Quentin (le grand) se demande pourquoi il doit bosser à l'école alors que son père n'en ramait pas une et que maintenant il est prof et en plus il gagne au trivial pursuit ...

    Et le pire c'est qu'il est en seconde et je lui corrige ses maths .... heu ... pas le français !

    C'est un régal de lire les bulletins de ... Nathan qui en 4e en revanche c'est nettement moi drôle pour ceux de Quentin!

    Nos parents ont bien du mérite quand on y pense.

  • c'est fou que tu demandes si on se retourne sur son passé aujourd'hui, ma belle petite cousine, c'est il y a 20 ans aujourd'hui que Papa nous a quitté et qu'alain est tombé malade. 20 ans, je n'arrive pas à croire que tant de temps est passé.
    Et autre chose très curieuse, j'ai reçu dernièrement une lettre de ... Mr Guégan, Jean-louis, un prof ou un surveillant pour toi, un copain pour moi!!! je me souviens de lui et de Philippe Desban me parlant de ma cousine un peu indisciplinée, ils avaient oubliée combien j'étais moi-même bavarde et remuante! Ca me touche beaucoup, ce passé commun. je me souviens de vincent et de ses parents, et j'étais très touchée de voir la photo de ton père soudain sur l'écran. Les quatre mois à venir sont lourds pour nos coeurs, mais je sais que nous sommes ensemble face à ces dates, ces temps de mémoire et que tous ils nous accompagnent. on marche ensemble, je vous embrasse Marie-no

  • Marie-No, Guegan bien sûr je m'en rappelle !!! La fameuse année de 5ème dont parle Jean-Marie, Guegan était notre prof principal. Desban c'était l'année suivante. Ils étaient très spychologues et patients. Tu te rappelles nous avions revu Guegan lors de la réunion des anciens en 2001 ?

    Oui, cette photo de mon père est dans mon portefeuille depuis des années. C'était à ma profession de foi, il avait 44 ans (2 ans avant son décès). Il en faisait plus, il était usé papa !

    20 ans que Marcel est parti, ça me parait si proche ! Il faudrait que tu viennes avec nous un vendredi soir, tu sais où ?

    Je t'embrasse ma cousine, à bientôt

  • Bon, ma note n'a inspiré que ceux qui se sont retrouvés dans ce passé commun.

    Mais vous, j'insiste, vous aimez vous y replonger de temps en temps dans votre passsé ?

    Parfois, je suis dans mon passé comme si c'était le présent. J'arrive à faire défiler les images, à ressentir les sensations exactes et sentir les odeurs. C'est super !
    Même si je suis davantage tournée vers l'avenir.

  • Ah Ah ma Patricia, vous pouvez répéter la question ???

    Le passé ! Il est ce qui fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui, nous en sommes le reflet. Je me suis pendant très longtemps plongée dans le passé et le passé de mon passé, j'avais des réponses à trouver, aujourd'hui je me sens apaisée avec le passé lointain, c'est le passé plus proche qui me pèse à l'heure actuelle, j'ai presque hâte de prendre de la distance avec lui !
    C'est vrai que maintenant que les choses sont plus claires pour moi je me replonge avec plaisir dans tous les bons souvenirs que j'ai et il y en a finalement plus que des mauvais !

  • Bons moments du passé :

    On se promenait souvent avec ma cousine pieds nus sur le bitume en maillot de bain l'été et on regardait les voitures des estivans qui défilaient...

    Pensez donc, aujourd'hui, si vous vous promenez en maillot de bain, on nous prendrait pour des provocatrices, des bons à mettre en prison...

    On vendait les anchois que l'on faisait passer pour de la sardine aux estivans et ils trouvaient ça très bon. Nous étions très jeunes et on allait s'acheter des bonbons chez mémé Ginette, l'épicière...

    Allez donc trouver des épicières, elles sont rares aujoud'hui, les grandes surfaces les ont remplacé...

    Les mouettes se prennent pour des corbeaux et font nid sur les toits de maisons, avant ce n'était pas pareil, elles avaient des rochers et du poisson à manger mais si on dit que la mer ayant grignoté les rochers, en tout cas, les cages à lapins les ont bien remplacé...

    Allez, il y en aurait à raconter sur le passé... Mais faut pas le dire que l'on était jeunes, on n'était pas parfaits et parfois très malins... Chut... Sinon, gare...

    Merci pour cette note.

  • En lisant le message de Marie que je rejoins, il vaut mieux mettre une fin à la page du chapitre, le passé douloureux reste mais pour avancer, il est plutôt de notre devoir de ne pas s'y arrêter.

    Notamment, lorsque qu'il a fallu batailler sévère comme des groupes de noirs pour réclamer Liberté, Egalité Fraternité, Dignité, faire front à certains, voir parfois à la hiérarchie et aux être bien-pensants, bien en conformité, soit-disant.

    Ce morceau du passé particulier qui nous laisse forcément des traces et non anodin sur lequel il est plutôt meilleur de tirer un trait pour vivre au présent et un peu comme tout le monde et rester ouvert surtout à ce qui passe pour se projeter dans le futur et ne pas s'enfermer dans une sorte de communautarisme, faire partie des autres soi-disant sans histoire, c'est un sacré travail à faire sur soi, mais ce que nous pouvons leur apporter, tant pour nous, c'est de ne pas s'exclure et être happé par cette injustice, tant pour les autres, c'est de bien voir avec le coeur, nous aidons les autres à comprendre certaines choses, que certains nous ont bien accroché dans le dos ou qu'on nous a jeté pris en pleine face. On leur apprend à ne pas se fier à ce qu'une majorité dit et décide.

    Cela donne à réfléchir et à penser... Et ça va loin tout ça pour l'avenir.

    Et comme le dit bien Marie, il existe bien plus dans notre passé, des bons moments, heureusement.

  • Bravo Patoune,
    C'est très beau, émouvant ce que tu as écrit.
    Les photos, que de souvenirs !
    Vincent a beaucoup compté pour la famille et, pour toi Patoune, c'était ton petit frère.

    J'ai quelques anecdotes de Vincent.
    A Tréveneuc, on aimait se promener le soir après diner et Vincent, levant les yeux au ciel, me dit "regarde Jacqueline, la lune est grande ouverte".

    A Leycoussaudie en Dordogne, on marchait dans le pré parmi les chèvre. L'une d'elle faisait ses petites crottes et Vincent de dire "elle a encore un gros paquet de crottes". C'était ses mamelles.

    Puis à Val d'Isère, on avait ramassé des myrtilles. Jean-Michel très conservateur les avait gardé, alors que tout le monde avait déjà mangé les siennes. Vincent vient vers lui et lui dit "Tu as de la chance, tu as fait partie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois et en plus tu manges un yaourt aux myrtilles".
    C'était Vincent très nature dans ses réflexions.

    On ne peut revenir en arrière, c'est dommage, on ne refait pas le temps.

  • Mon passé me tue souvent, trop souvent, mais c'est ainsi ! A l'école j'étais " précoce " disaient -ils, ce qui m'a valu d'être dans une classe au dessus à chaque fois et jusqu'à ce que finalement je me fasse si bien fait ch... que j'en ai loupé tous ce qu'étaient examens, mais l'essentiel n'était pas là, je me serais donc instruis moi même. j'aime tes photographie qui me rappelle les années 60/70, mais après tout ne n'avons pas une si grande différence d'âge ! en fait j'éprouve de la difficulté aujourd'hui pour réconcilier passé, passif et ma santé ...

    Pat ♫♫♫***

  • Coucou Patounette, ton texte est superbe, de recherche en recherche je sais à présent que tes efforts ont payés.
    Oui je replonge souvent dans mon passé lointain, ne serait ce que parce que mon meilleur ami n'a pas changé depuis 26 ans, que nous avons fait les 400 coups ensemble, que nous avons des liens par nos enfants parrain, marraine, témoin de mariage l'un de l'autre etc.... En plus il est aussi un ami d'enfance de Fred c'est lui qui nous à présenté, alors encore samedi on se disait nos coups en douce, nos clopes fumées derrière le gymnase, lorsque nous étions en 5 eme enfin tout un tas de connerie ....qui nous font bien rire et que nous pouvons rabacher à chaque fois que nous sommes ensemble!!
    Sauf que lorsqu'il y a une tierce personne avec nous ca ne doit pas être drôle car nous partons vraiment dans des délires de souvenir......
    Je regarde aussi parfois les poèmes que j'écrivais lorsque j'avais 15, 16 ans, ca me fait drôle !!Je les gardes pour les donner à Manon peut-être un jour....
    Je t'embrasse bien fort, bonne journée.

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