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28/11/2008

L'essentiel


Découvrez Berry!


Marie-Christine, une de mes sœurs, a laissé ce commentaire hier sur le blog de Fio.

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"Prendre le temps, le temps d'aller voir ceux que j'aime, le temps de me promener, le temps de respirer , le temps de penser, de m'asseoir et écouter les autres, de regarder autour de moi, de comprendre celles et ceux qui m'entourent et bien sûr le temps de te rendre visite, petite Fiona, de te parler, de te dire tout ce que je n'oublie pas, tout ce que j'ai vécu par toi et que tu es toujours là en moi. Mais je courre sans cesse après ce temps et ce foutu temps ne me laisse pas le temps de vivre l'essentiel comme me l'a dit ta maman. Elle me l'a dit, gentiment mais sûrement "défini l'essentiel et tu vivras différemment" et depuis j'y pense. Je me pose, un instant, pour réfléchir à ma vie, à ce tourbillon qui me projette chaque jour et laisse peu de place à l'essentiel. Je prends des résolutions, je me fixe des règles "je pars plus tôt ce soir! je prends une semaine de vacances! je vais faire un hammam, un ciné! je vais à la piscine! et surtout je me dis "ce soir j'appelle Patoune! demain je vais voir maman! le WE prochain j'invite Sophie! tout à l'heure je vais mettre un petit mot à Fiona! etc... Mais ce foutu temps me rattrape et m'arrache à ces résolutions. A tous ceux que j'aime, je pense à vous tous, je n'oublie rien ni personne. Laissez encore un peu de temps à l'essentiel pour prendre le pas sur le temps. Je t'aime Fiona et pas un jour ne passe sans que je pense à toi. Tata Titi"

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La semaine dernière en sortant de ma séance de reiki, je lui ai fait part de ce qui me semblait être l’essentiel dans notre vie. Vaste sujet où chacun voit midi à sa porte…
Pourtant, l’essentiel n’est-il pas d’être heureux ??
Comment accéder à ce bonheur ?
Quelles sont les futilités totalement inutiles qui nous bouffent du temps, qui ne nous apportent rien et que nous pourrions supprimer de notre vie ?
Le bonheur n’est-il pas présent chaque jour ?
Sommes nous assez réceptifs pour le recevoir ?
Le plus grand des bonheurs n’est il pas de rendre heureux ceux que l’on aime ?
Partager le bonheur.

Même si j’ai dis à ma sœur « défini l’essentiel et tu vivras différemment », ce n’est pas pour autant que j’arrive moi même à le faire.
Les détails me bouffent la vie.
Détails insignifiants sur lesquels je m’attarde au détriment du reste, qui me font perdre mon temps et m’empêchent d’accéder à ce que je souhaiterais réellement.
Pourtant j’ai beaucoup appris dans mes 16 années de vie avec Fiona et ,depuis son départ, j’ai compris tellement de choses…
Mais combien d’années me faudra t-il pour mettre tout cet enseignement en application ??

Et vous, quel est votre « essentiel » ??

27/11/2008

Où on va Papa ?

Un prix littéraire sans littérature…

Le prix Fémina qui soit disant « fait du bien aux parents ».
Alors, peut être suis je la seule à m’être sentie « irritée » en lisant ce livre.
Peut être suis je la seule à n’en avoir pas compris le sens ou à n’avoir pas voulu comprendre le sens.
A moins que ce livre soit…je ne sais même pas !

Certes, j’ai rigolé à certains passages. D’ailleurs ce livre n’est-il pas à lui seul une grosse farce, pleine de dérision, pleine d’humour avec quelques notes de tendresse par ci par là ?
Oui, c’est ça, ce livre est une farce comme la vie de l’auteur (il le dit lui-même).

Mais, ces 155 pages de farce ne m’ont fait aucun bien. Elles m’ont laissé un goût amer.
Tout au long du livre j’ai pensé que le regard sur le handicap avait heureusement évolué quoiqu’en dise ceux qui se plaignent sans cesse…
Oui, Jean-Louis Fournier est bien de cette ancienne génération où l’enfant handicapé ne pouvait espérer rien d’autre que sa place « d’handicapé » jusqu’à la fin de sa vie. Pas de stimulation, pas d’investissement personnel, ça ne servirait à rien… Juste un peu de honte mêlée au regret de n’avoir pas eu un enfant valide, juste la douleur d’être un parent différent, l’incompréhension face au handicap.

Pourtant, l’enfant handicapé qui deviendra un adulte handicapé est avant tout une personne avec ses capacités, ses pensées, ses aspirations, ses sentiments. Même s’il est différent.

Combien de personnes non sensibilisées par le handicap vont se sentir soulagées à la lecture de ce livre ? Un livre déculpabilisant pour tous ceux qui ont de mauvaises pensées vis à vis du handicap (mental). Peut être la raison du prix Fémina…

Combien de personnes qui ne connaissent pas le handicap en sauront un peu plus à la fin de ce livre ? Aucune.

Combien de personnes penseront que c’est le pire des drames que d’avoir un enfant handicapé ? Toutes…

Alors ne croyez pas, chers lecteurs, qu’être parent d’un enfant handicapé est une douleur de chaque instant ! Non !
Ne croyez pas que notre vie entière est nourrie d’amertume comme celle de l’auteur ! Non !
Ne croyez pas que nos enfants nous pourrissent la vie. Non !
C’est tout l’inverse.

Bref, un livre stérile qui ne reflète pas la réalité.

25/11/2008

Prénom : Gwladys / Profession : Educatrice Spécialisée

Ecrire sur mon métier....waouh !!

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Mais c'est quoi mon métier? Educatrice spécialisée, ouiai ...mais spécialisée en quoi???
C'est souvent ce que les gens me demandent alors j'aime leur répondre "spécialisée en rien!!"

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Mon métier c'est un peu celui d'un chercheur d'or, qui désirait montrer au monde entier les richesses enfouies au coeur de la terre....sauf que moi, je n'ai pas de pelle, ni de pioche et encore moins de marteau piqueur pour aider les personnes que j'accompagne à dévoiler leurs richesses...
Mon outil à moi c'est la "vie quoi'" comme on dit, le partage de tous les moments de la vie...et là, je peux vous assurer que je suis riche !!!!
Un lever sans colère, un geste pour aider à l'habillage, une main souple et détendue pour tenir le pinceau durant l'activité, un repas sans cris et des regards même furtifs échangés, une écoute attentive pendant la lecture d'un conte, un corps relaxé lors du bain du soir, un visage lumineux au coucher...voilà ce qu'est le quotidien...mon meilleur outil.
Alors bien sur les journées se suivent et ne se ressemblent pas : il y a de l'incompréhension, de l'angoisse, des inquiétudes, des "comment faire ?, des "je ne comprends pas ", mais il y a aussi (et surtout!) des éclats de rire, de la joie partagée, de la bonne humeur, même des bêtises !!!

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Il y a des jours où les bras se baissent parce que rien n'est évident ; parce que la communication est souvent difficile ou troublée; parce qu'il faut de la patience, de l'attention, de l'écoute mutuelle; parce qu'il faut aussi savoir passer le relai ; parce que nous devons être cohérents et tous travailler dans le même sens en commençant par s'appuyer sur ceux qui connaissent le jeune au mieux, c'est à dire sa famille ; parce qu'il faut prendre le temps de s'apprivoiser, de se connaitre afin de pouvoir se rendre compte de toutes les petites et grandes victoires!!!!
Mon métier c'est de faire des rencontres, et parce que chacun est différent, chaque rencontre me touche, m'enrichit et me rend plus forte. Ma vie n'est plus la même depuis que j'ai commencé ma formation; les personnes que j'ai accompagnées m'ont ouvert les yeux sur l'essentiel de la vie. Je relativise beaucoup plus et je suis plus attentive encore aux petits bonheurs de la vie. Je vis chaque jour avec la certitude que le plus important dans mon métier (et dans la vie) c'est d'être sincère dans la relation que l'on établit avec l'Autre. Les personnes en situation de handicap ne trichent pas et je suis persuadée qu'elles ressentent davantage le manque de sincérité de ceux qui les accompagnent. Nous construisons un tas de projets : des projets d'établissement, des projets d'accompagnement individuel, des projets d'activités...mais le plus important est de le faire en montrant aux personnes que nous croyons en elles...en toute sincérité.

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Je ne peux citer ici tous les êtres exceptionnels auxquels je pense en écrivant ces quelques lignes ; les émotions que je ressens, les pincements de mon coeur, les larmes de joie ou de tristesse…Je leur dois un grand merci; un grand merci à toutes mes rencontres passées, actuelles et futures...
Je ne peux m'empêcher de conclure par ces mots de Fiona :" faut pas penser à soi mais aux plus fragiles pour donner trésor universel".

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ps: les collègues du social qui liront cette note se diront : "qu'est ce qu'elle fait cette professionnelle de la "bonne distance dans la relation éducative de Winnicott"??" Alors entre nous, nos émotions sont toujours là, et çà fait du bien de les laisser s'échapper quand on peut ; sans elles, on ne ferait pas ce métier, ce sont elles qui nous guident.

Gwladys